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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 15:48

En dépit de la simplicité, pour ne pas dire l'austérité, de son titre (...oui,; en effet c'est bien un western!), Cowboy est un film admirable, lyrique et tendre, qui explore l'âme complexe du "garçon vacher", de ces baroudeurs terrestres qui parcouraient en compagnie de troupeaux de bovins tout un territoire, pour véhiculer les bêtes depuis les confins du Texas et de l'Arizona, jusque aux marchés de Chicago...

C'est à Chicago, justement, que le film commence, lorsque Frank Harris (Jack Lemmon), employé d'un palace, reçoit l'instruction de son gérant de déménager une famille qui occupe une suite luxueuse: un convoi de cow-boys viennent d'arriver, et compte tenu du marché, ils sont les rois et la chambre de leur choix doit leur être attribuée. Harris est déstabilisé, d'autant que la famille Vidal, des propriétaires de terres à Guadalupe (Arizona), d'origine Mexicaine, est aussi la famille de sa petite amie (Anna Kashfi). Mais le père Vidal, qui apprécie peu d'être relogé, ne compte pas laisser sa fille épouser un homme aussi peu intéressant que Frank Harris. celui-ci prend donc une décision: il va parler avec Tom Reece (Glenn Ford), le chef du convoi, et lui propose de lui financer une partie de son expédition avec ses économies, afin de devenir un interlocuteur valable pour son beau-père, tout en réalisant un rêve: celui de devenir un cow-boy sur la route. mais la dure réalité du terrain va être une source de désillusion, et de conflits entre Harris et Reece, le vétéran et le jeune enthousiaste...

De Chicago, on assiste à une initiation bien sur, celle de Harris le jeune naïf... sauf que Jack Lemmon en fait un personnage passionnant, certes avec toujours un décalage sur les autres, mais doté d'une force de caractère peu commune. La confrontation avec Reece, le faux dur qui n'ose arborer de façon trop évidente un coeur tendre, mais aussi la dure loi de la route, le fait qu'on puisse perdre un copain aussi stupidement que parce qu'on lui a jeté un serpent dans le cou pour lui faire un blague, et puis la dureté du travail, tout tourne à l'épreuve de force, pour Harris le citadin. Daves utilise le décor mis le fait surtout pour le réalisme de ses séquences, plus que pour en faire un théâtre grandiose comme Mann ou Ford. Mais son réalisme, plus que jamais, se pare d'un lyrisme épique dans la geste des cow-boys, annoncée par cette presque absurde obsession manifestée par Reece, tout crotté et à peine arrivé, qu'on lui donne les programmes de l'Opéra de Chicago, ou il va le temps d'une soirée manifester son amour de l'art lyrique... et sa saouler comme un cochon! 

La poésie inévitable du genre se teinte d'une vraie amertume lorsqu'on apprend le destin d'un autre associé de Reece (Brian Donlevy), qui a souhaité après une vie entière à tenter de faire régner la loi, prendre un peu de bon temps, mais dans une bagarre a tué un de ses amis, et s'est pendu ensuite. On n'échappe pas à son destin? Harris a donc trouvé le sien, car il finira cow-boy, comme Reece.

....mais ce ne sera pas de tout repos!

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Published by François Massarelli - dans Western Delmer Daves