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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 13:17

 

Dans les adaptations de Stephen King, Stand by me, Misery et The Shining ont une place particulière, à cause de l'évidente présence écrasante de l'auteur. Crise d'inspiration, angoisse personnelle face aux dérives et aux démons intérieurs dans The Shining, l'auteur littéralement prisonnier de son succès et dépendance à l'héroïne pour Misery, les clés qui rattachent ces oeuvres à l'écrivain Stephen King sont nombreuses. The Body est un roman court (ou une grosse nouvelle) paru en 1982, qui renvoie au souvenir d'enfance d'un écrivain à succès, qui vient d'être confronté à la nouvelle du décès d'un ami qu'il n'a pas revu depuis longtemps, et le titre, même totalement approprié, posait problème en raison de l'équivoque interprétation qu'on pouvait en faire. C'est pourquoi on a eu l'idée de Stand by me... Passons.

King tenait Kubrick en bien piètre estime, estimant qu'il avait sans doute trahi son livre The shining... Comme d'habitude, l'écrivain se croyait également l'auteur des films adaptés de son oeuvre! Par contre, il n'a eu que des louanges à l'égard de Reiner, dont il estimait qu'il avait lui su adapter sans jamais trahir, que ce soit pour ce film ou pour Misery... Et il a raison sur un point: Stand by me est un sacrément bon film!

Eté 1959: quatre ados vont partir à pieds dans un périple qui n'est qu'un prétexte, car l'un d'entre eux a entendu son grand frère raconter à un copain qu'il a découvert le corps inanimé d'un jeune garçon qui est recherché par tout le conté. Ils ont décidé de partir à la recherche du corps, afin de se couvrir de gloire en le ramenant... Mais le grand frère et ses copains, pas vraiment des tendres, vont se mettre en quête aussi, en voiture par contre... Les quatre garçons de douze ans, qui s'apprêtent à intégrer le collège (Et de fait à se séparer), sont Chris Chambers (River Phoenix), un jeune garçon brillant, mais qui vit dans une famille pauvre, et sujette à la tentation de la délinquance; Teddy Duchamp (Corey Feldman), un gamin à leur de peau, qui a du mal à grandir, et qui souffre en particulier de la réputation de son père, considéré comme fou, et ce ne serait pas forcément loin de la vérité; Vern Tessio (Jerry O'Connell), un gamin un peu lent, et un peu trop enveloppé, qui est parfois le souffre-fduleur un peu facile de ses copains; enfin, Gordie Lachance (Wil Wheaton), un enfant brillant mais solitaire, qui a le malheur de ne pas ressembler suffisamment à son frère décédé denny, qui était lui un sportif connu de tous; son père, en particulier, lui en veut d'être celui de ses deux enfants qui a survécu... Alors il écrit, beaucoup, et en particulier développe des nouvelles cocasses ou étranges, dont il raconte parfois des extraits à ses copains...

La virée prend deux jours, et bien sur il va y avoir du pittoresque, des moments de peur un peu forcés, car l'un des intérêts de cette promenade dans l'Oregon est précisément de se donner l'impression de vivre une grande aventure... Et il y aura des menaces, même si peu sont vraiment graves: le propriétaire d'une case et son chien à la réputation terrifiante, qui s'avère être un toutou relativement accommodant; des trains qui passent, ce qui est embêtant quand on suit la voie ferrée et qu'on est sur un pont étroit; des sangsues, qui s'attaquent à un endroit particulièrement embarrassant; et puis, bien sur, les grands frères, bande de malfrats mal dégrossis, qui s'occupent en donnant des coups de batte de base-ball sur les boîtes aux lettres et qui prennent assez mal le fait d'avoir été devancés auprès du corps du jeune garçon par les petits. Mais aucune de ces menaces ne changera rien au fait que le voyage initiatique que s'imposent les garçons est surtout pour eux la dernière occasion de rester ensemble, avant que la vie ne les sépare. Et cette promenade va être celle durant laquelle ils vont beaucoup échanger, sur leurs frustrations, leurs craintes pour l'avenir, et pourquoi pas tester leur amitié...

Le "corps", celui dont ils veulent s'emparer les premiers afin de briller un peu dans le ronron quotidien de la petite localité, devient leur planche de salut, un petit Graal qui va les aider à se faire accepter, et à s'accepter eux-mêmes. il est aussi une fin annoncée de l'histoire, un prétexte donc à raconter quelques chose, car comme le dit Gordie, "un jour, je raconterai cette histoire... si je n'ai pas d'autre idée!". Mais l'idée est trop bonne pour ne pas le faire. On notera donc que King s'est bien sur mis en scène en la personne de Gordie, mais qu'il n'a pas oublié de donner à son jeune écrivain un auditoire parfois critique, comme Annie Wilkes sait si bien l'être dans Misery: Teddy désapprouve la fin d'une histoire que Gordie raconte mais lui suggère une autre fin!

Reiner a parfaitement choisi ses jeunes acteurs, et capture à merveille la douceur Américaine de vivre de ces années 50, et l'insupportable mal-être de ces quatre jeunes hommes coincés entre deux mondes inconciliables: les trente glorieuses, et la classe ouvrière Américaine... 

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Published by François Massarelli - dans Rob Reiner