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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 19:21

Le deuxième film MGM de Sjöström ne ressemble certes pas à son premier... Il est étonnant que le réalisateur du premier film si prestigieux de la firme du lion ait eu pour récompense à tourner ce pensum! Non qu'il soit catastrophique, mais enfin, qu'y a-t-il dans ce film romantique de série B qui justifiait qu'on le confie au metteur en scène des Proscrits ou de La Charette Fantôme? Pour le réalisateur, c'était forcément une déception. L'intrigue est tirée d'un conte d'Alphonse Daudet, pas forcément le genre d'humaniste dont Sjöström pouvait instantanément se sentir le cousin... Cette histoire qui sent le réchauffé concerne un royaume de pacotille, dans lequel le roi Christian (Lewis Stone) vit heureux, dans une relative quiétude, plus soucieux de passer ses soirées à des parties fines ou sa maîtresse, la vénéneuse Sephora (Helena D'Algy), s'assure que son pouvoir sur lui est intact, que de gérer les affaires de son pays. Mais pour raison d'état, le monarque, qui a un certain âge quand même, se doit de se marier: l'heureuse élue est la princesse Federika (Alice Terry), qui pour sa part est très rigoureuse. Autant dire qu'elle va être déçue...

On assiste donc à l'arrivée de Federika, au mariage, et à un ballet mené par le roi, qui va respecter sa reine, ne pas insister pour consommer le mariage... et rejoindre Sephora. Une bonne part du film concerne le débat silencieux entre le roi, soucieux de continuer comme avant, et la reine consciente de son devoir: porter un héritier à la couronne. Ajoutons à ça la jalousie de plus en plus forte de Sephora, le double jeu du Prince Alexis, un aide de camp du roi qui se garderait bien Federika pour lui seul, et une révolution qui gronde...

Donc le principal conflit de ce film est entre le devoir (Federika) et le droit à l'amusement oisif (Christian)... Quoique un autre thème finit par apparaître: Federika déplore que Christian paraisse si empressé d'abandonner sa couronne, et le considère comme un lâche. Le film hésite, avec une certaine adresse, entre conte d'opérette et comédie légère, avant de choisir le drame romanesque. La présence au générique de Lewis Stone et Alice Terry, qui étaient tous deux au générique de The prisoner of zenda, et Scaramouche, réalisés pour la Metro par Rex Ingram, est-elle un signe que le mari d'Alice Terry était prévu pour ce film? C'est bien possible, d'autant qu'il était en préparatifs pour son tournage Niçois de mare Nostrum, et probablement dans l'incapacité de tourner un autre film... Quoiqu'il en soit Sjöström rend une copie nette, caire, soignée, mais vide. Les personnages sont autant de poncifs, distrayants mais pas plus. Au moins, le jeu est digne et sobre, et la bonhomie de Lewis Stone communicative...

Et puis le film est perdu: pas tout bien sur, il en reste la moitié, à peu près: les quatre premières bobines à peu près intégrales, et une moitié de la dernière! Tout le reste, à cette date, est jusqu'à nouve ordre, perdu. Et disons-nous que c'est toujours mieux quele destin de The tower of lies, le film suivant du metteur en scène dans lequel il retrouvait Chaney et Shearer, puisque celui-ci est intégralement perdu...

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Published by François Massarelli - dans Muet Victor Sjöström 1925 Film perdu