Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 16:22

Deluge était jusqu'à présent une sacrée rareté, un de ces films devenus mythiques, parce que sinon perdus, en tout cas totalement impossible à voir dans de bonnes conditions... Seules des copies d'exploitation étrangères (italienne et russe), donc doublées, avaient survécu. La découverte récente d'une copie intégrale, en Anglais, et qui plus est de première génération et les efforts de Lobster pour restaurer le film, et de Kino pour le rééditer, nous ont donc donné accès à ce film étrange, qui ne ressemble à aucun autre des thrillers fantastiques et d'épouvante qui appartiennent à la même période, celle qui va de Frankenstein et Dracula à la fin de l'époque pré-code, en passant par King KongFreaks, Doctor X et le Doctor Jekyll de Mamoulian...

Ben que produit par Radio pictures pour RKO, le film n'a rien à voir avec les productions de Merian Cooper, même si celui-ci, quelques années plus tard, a lui aussi tâté du film catastrophe avec The last days of Pompeii (Shoedsack, 1935); il possède d'ailleurs un cachet d'étrangeté qui tranche avec le cinéma plus coup de poing de Cooper et Shoedsack. Il raconte, eh bien, comme l'indique son titre, une période durant laquelle les éléments se déchaînent, et l'océan engloutit une bonne part des terres, sans pour autant qu'une autre explication que la colère divine ne soit évoquée. On notera qu'on a eu la sagesse d'éviter de faire parler dieu, qui de toute façon en tant que méchant a toujours autre chose à faire que d'apparaître à l'écran, mais l'essentiel du film montre comment la vie revient, faisant du même coup de ce Deluge le premier des films post-apocalyptique de l'histoire du cinéma.

Et la vie revient en trois temps: d'une part, des hommes isolés se retrouvent survivants et seuls... Puis une femme est découverte, interprétée par Peggy Shannon, et bien sur les hommes la convoitent. Enfin, il s'avère qu'une colonie d'hommes, de femmes et d'enfants a survécu, et tente de reconstruire une société. Une grande part de l'intrigue montre comment la jeune femme, Claire, va tenter de résister aux hordes de violeurs, aidée en cela par l'avocat Martin Webster (Sidney Blackmer). Celui ci, marié et père de deux charmants bambins, pense avoir perdu sa famille dans le cataclysme, mais il ne sait pas qu'ils ont trouvé refuge pas loin de sa cabane, et lorsqu'il se retrouve à cohabiter avec Claire, il va tomber amoureux, ce qui va entraîner de sérieuses complications...

L'étrangeté est liée principalement à l'impression d'assister, par la lenteur, à un rêve éveillé... Les effets spéciaux du début ne sont pas aussi soignés que ceux de Kong mais remplissent leur fonction. On est par ailleurs dans un film qui s'aventure en terrain inconnu, et le fait bille en tête: Claire, la nageuse expérimentée, passe décidément beaucoup de temps en maillot de bain, ou dans des degrés divers de déshabillage, ce qui tend à souligner le risque que court sa vertu en permanence. On soulignera le fait que Martin, lui, garde sa décence jusqu'au bout. On pourra aussi voir de quelle manière la petite communauté fragile à la fin commence par se choisir un leader, un homme un vrai... mais aussi tente de reconstituer un semblant de capitalisme! Bref, une curiosité... de luxe.

Partager cet article

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Pre-code