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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 21:38

L’une des meilleures indications de ce qu’il faut penser de ce petit film curieux, c’est sans doute qu’alors que des livres entiers sont publiés sur les « grandes oeuvres » de Griffith, les seules rares mentions de ce film sont pour signaler qu’il a été exploité avec une tentative de sonorisation rudimentaire et parait-il (la copie examinée en étant dénuée) assez peu glorieuse. On en parle parfois aussi pour faire des comparaisons peu flatteuses avec l’autre, plus prestigieuse adaptation des romans de Thomas Burke, Broken blossoms.

De fait, la comparaison tourne fatalement à l’avantage de ce dernier film, qui a beau tenter de forcer occasionnellement la main du spectateur (Construction linéaire, actrice trop vieille pour le rôle, maquillage incertain) mais ne parvient absolument pas à détourner son attention de l’intensité du drame. Or, ici, c’est le contraire: la richesse, la complication de l’intrigue, la multiplication des personnages, le ton parfois léger, tout mène malgré tout à l’ennui devant un film raté, vite fait mal fait, malgré des images parfois superbes. Les acteurs n’y croient que peu, et on devine que comme d’habitude, le metteur en scène a tellement improvisé que le plupart des acteurs ne savaient pas exactement ou ils allaient…

L’histoire est une vague intrigue romantique sur fond de pauvreté, parfois Dickensienne (l’histoire originale est située à Londres, et de nombreux éléments nous le confirment, mais l’héroïne, jouée par Carol Dempster est originaire du Sud, certainement pas le sud Londonien quand on connait Griffith.). Tout comme dans Broken blossoms, Griffith joue avec les préjugés raciaux, mais Carol Dempster, contrairement à Lillian Gish, ne laissera pas Swan Way, joué par Edward Pell (Evil Eye, déjà le méchant, dans Broken Blossoms), l’approcher, précipitant le drame. L’histoire est centrée autour de Carol Dempster, donc, la jeune fille à sauver, comme toujours assez énergique, et de deux frères, qui sont mêlés à des trafics louches, et qui sont de fait concurrents en amour. Sinon, comme toujours, famille en détresse, perte d’un parent (ici le père de Carol Dempster), trahison, sacrifice, rédemption… Griffith joue les mêmes cartes, et fait donc bouillir la marmite. Du moins il essaie : le film n’a pas marché, et coincé entre Way down east et Orphans of the storm, il a été oublié, tout simplement.

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Published by François Massarelli - dans Muet David Wark Griffith 1920