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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 11:04

Bien sur, il y a des stars, à commencer par William Holden. Mais ce western se distingue par son absence de glamour, et sa progression impitoyable, sur quelques jours, d'une situation qui est bien rude dès le départ: à Fort Bravo, un camp de prisonniers tenu par l'armée de l'union, la lointaine guerre civile qui fait rage à l'Est résonne de façon implacable: le fort est entièrement dévolu à la détention d'un bataillon de sudistes, qui tentent de profiter des grands espaces (Ils sont à peine gardés) pour s'évader. Mais quand l'un d'entre eux s'évade, il sera repris, et le film commence par la vision dun officier à cheval qui ramène un homme, en uniforme gris, qui marche derrière lui tiré par une corde. L'officier, c'est le jusqu'au-boutiste capitaine Roper (William Holden), qui prend sa tâche très au sérieux. Et s'il a choisi de faire marcher son prisonnier jusqu'au fort, c'est parce que ce dernier a tué son cheval à la tâche... Roper est mal vu aussi bien des "tuniques bleues" que des uniformes gris, car c'est tout sauf un rigolo... Mais il va s'humaniser, un peu, à l'arivée de Carla Forester (Eleanor Parker), une jeune femme qui est venue pour visiter son amie, la fille du commandant du fort, alors qu'elle va se marier. Mais est-ce vraiment la raison?

Il est clair assez tôt que carla est venue pour aider des hommes à s'évader, car comme le dit Pierre Fresnay dans La grande illusion, à quoi sert une prison sinon à s'évader? il y a donc une intrigue bien dense, qui vous agrippe pour ne pas vous lâcher, mais le film possède en plus des couches de sens qui le rendent passionnant. dans un premier temps, son intrigue le place dans un style bien plus noir que la vision romantique de Monument Valley chez John Ford: les hommes qui vont s'évader et la femme qui les accompagne sont en effet, à un moment, coincés en compagnie de leurs ennemis dans une tranchée, dont ils ne peuvent sportir sans se faire tuer par les Apaches Mescaleros postés autour. Et ceux-ci ont une stratégie très simple, qui consistent à tranquillement dessiner une sorte de cible autour d'eux avec leurs lances, permettant ensuite d eparfaitement viser avec leurs flèches, une séquence superbe qui est inoubliable (Et qui a fait l'objet d'un remake Belge inattendu, sous la forme d'une bande dessinnée de Willy Lambil et Raoul Cauvin, le tome 5 de la série Les Tuniques Bleues, Les déserteurs), et qui a sans doute fait beaucoup pour la notoriété du film.

Bill Holden joue dans on registre habituel, celui du dur à cuire allé jusqu'au bout de son système, et qui cache une humanité profonde sous des dehors inquiétants, et son histoire d'amour avec la belle Carla est à peine esquissée dans le film, qui reste avant tout une affaire d'hommes. Et de fait, un fil rouge sous-tend ce film, de façon très inattendu: le soldat sudiste ramené par Roper est souvent metionné comme un lâche, aussi bien par ses captifs que ses copains. ceux-ci s'en ouvrent à leur supérieur, le capitaine Marsh (John Forsythe); celui-ci, plus gentleman sudiste que jamais, leur répond invariableùent, dun ton sans appel: c'est mon ami. mais cet ami, après l'évasion, sera laissé de côté et lâchera même les autres. Parce qu'il est lâche, ou parce qu'il est délaissé? A la fin du film les indices qui identifient la relation entre Marsh et son ami Bailey (Qui va justement triompher de sa propre lâcheté, impressionnant même Roper) comme une relation d'amour sont nombreux, mais le film a le bon goût, en plus, de ne pas en faire un prétexte pour vouer le jeune homme à l'enfer...

Mais que cela ne nous empêche pas de considérer ce western formidable comme ce qu'il est indéniablement: un grand moment de cinéma populaire, avec une panoplie impressionnante: un fort, les couleurs (En Anscocolor) de l'Arizona, Monument Valley, du film noir, une femme fatale, une histoire d'amour, un dur à cuire, des indiens, des chevaux, la cavalerie...

...C'est un surwestern.

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Published by François Massarelli - dans Western