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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 13:08

Paradoxe: avec son intrigue qui n'a rien à envier aux mélodrames précédents qu'on a imposé à Garbo, tous les deux adaptés de Vicente Blasco Ibanez, Flesh and the devil a tout pour être du tout-venant. L'histoire est inspirée cette fois de Hermann Sudermann, et le titre dit clairement ce qu'il fait en penser: la chair, le diable... Il est question de fesse, ça c'est sur! Et pourtant, ce film, sans être son meilleur, est le plus important de la carrière muette de Greta Garbo, et représente sa rencontre avec deux partenaires qui vont énormément compter pour elle: le réalisateur Clarence Brown et l'acteur John Gilbert...

Mais répétons-le: cette intrigue! ce personnage, celui de Felicitas, une amoureuse qui collectionne les hommes, en prétendant les aimer... Garbo a profondément détesté cette expérience, et n'a cessé de s'en ouvrir, lors du tournage. Le film commence par nous intéresser à deux de ses futures "victimes", les jeunes aspirants Ulrich Von Etz (Lars Hanson), et Leo Von Rhaden (John Gilbert). Lorsqu'ils rentrent chez eux, pour retrouver l'un sa petite soeur Hertha, l'autre sa bonne vieille maman, Leo voit une jeune femme dont la beauté l'intrigue. Quelques jours plus tard, il la retrouve lors d'une réception, et les deux vont instantanément commencer une aventure, à l'insu de leur entourage. Mais Leo n'apprendra que plus tard, trop tard, en fait, que Felicités est mariée: le mari (Marc McDermott) va en effet les surprendre chez lui. Leo le tue en duel, mais s'arrange pour que l'aventure ne s'ébruite pas. Et avant son exil forcé de trois ans, duel oblige, il demande à Ulrich de veiller sur la jeune veuve, sans lui expliquer les raisons de ce geste. Quand trois années plus tard il revient, Leo est confronté à l'inévitable: Felicitas s'est remariée avec son meilleur ami Ulrich.

Derrière cette intrigue au romanesque réchauffé, les atouts du film sont nombreux: la classe de la production, pour laquelle Clarence Brown a su mener son monde à la baguette, mais avec une efficacité maximale. Des scènes qui doivent tout leur impact à l'invention liée à la lumière (La fameuse scène de la cigarette, durant laquelle les deux acteurs sont apparemment éclairés depuis la main de Gilbert, les nombreuses scènes nocturnes), aux ombres chinoises (Le duel, scène célèbre dans laquelle Brown évite de refaire The merry widow, de Stroheim)... Et à l'alchimie entre les acteurs. Surtout Garbo et Gilbert.

A ce propos, c'est durant le tournage de ce film que leur histoire d'amour (Compliquée au possible) a commencé, et disons le sans certitude, fini: c'est également durant le tournage de ce film que Gilbert a eu sa malencontreuse idée de demander sa main à l'actrice, qui ne s'est pas déplacée le jour venu. C'est donc aussi l'époque qui a vu Gilbert avoir une discussion enflammée avec Louis B. Mayer, qui a mené à sa déchéance... Mais en attendant, l'acteur ici ne cache absolument pas sa passion pour sa partenaire, et Clarence Brown n'avait qu'à les filmer... Et c'est je pense la raison pour laquelle ce film est passé au rang de mythe.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1927