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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 09:18

Dans un monde normal et apaisé, on ne devrait même pas mentionner ou relever que la réalisatrice de ce film est une femme... Mais en dépit de son rôle évident de pionnière, de sa crédibilité de productrice installée à l'époque, malgré le fait qu'on redécouvre ses films, dont certains sont passés au rang de classique, on continue aujourd'hui à souligner cet aspect qui la rend si spéciale au regard du nombre impressionnant d'hommes metteurs en scène. Imagine-t-on aujourd'hui de dire "Nous allons voir aujourd'hui un film de Akira Kurosawa. C'était un réalisateur masculin"?

Ce constat posé, ce tout petit film, qui fait une demie-bobine (soit la moitié d'une "split-reel", une bobine de quinze minutes qui contenait deux films de court métrage choisis pour être exploités ensemble), fait partie de son oeuvre des débuts, quand le long métrage ne faisait que balbutier. Sous la bannière de Crystal films, sa propre société, Weber tournait alors des courts de complément de programme qui étaient distribués par Universal. Les films étaient réalisés le plus souvent par elle et officiellement du moins par son mari Philip Smalley (Qui partage avec Herbert Blaché, le mari d'Alice Guy, le poste étrange de "Pierre Curie du cinéma").

On y voit une petite vignette charmante sur les rapports amoureux de cette fin de XIXe siècle qui s'éternise, et le film jette un regard narquois sur les amoureux mondains, moqués par une jeune journaliste qui prépare un article sociologique sur la façon dont les hommes effectuent des propositions de mariage. Pour les besoins de sa recherche elle feint d'accepter les demandes de trois amis, qui sont très étonnés de découvrir qu'elle les a acceptés tous les trois... La comédie est certes un peu gauche, mais elle est drôle au détriment des trois hommes, qui d'ailleurs n'ont pas l'air d'avoir autre chose à faire de leurs journées que de traîner dans les salons mondains! Elle, par contre, elle travaille... Elle s'adresse aussi souvent à nous, par le biais de la caméra, et nous rend complices de sa petite blague... Pas mal pour six minutes.

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Published by François Massarelli - dans Lois Weber Muet