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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 22:27

1863, dans le Sud; le caporal John McBurney, surnommé McB, est blessé, et se fait repérer par une jeune pensionnaire alors qu'il se cache près d'une institution pour jeunes filles... Elles le ramènent à la maison, mais la directrice est catégorique: le temps qu'il récupère, et après on le livrera à la troupe! Car John McB est nordiste... Mais il est aussi beau garçon, et pour les jeunes filles, les jeunes adultes, et tout le personnel (Non qu'elles soient très nombreuses) de la digne pension, il va très vite s'avérer irrésistible. D'autant que le beau parleur (Et donc menteur) de caporal a décidé de jouer à fond la carte de la séduction: il a devant lui une jeune femme totalement inexpérimentée mais désespérément romantique (Elizabeh Hartman), une directrice certes rigoriste, mais passionnée (Geneviève Page), et qui cache un abominable secret scandaleux sur ses rapports avec son frère qui est depuis décédé, voire une pensionnaire assez ouvertement nymphomane (Jo Ann Harris). John McB croit vraiment pouvoir devenir le roi dans l'institution...

...Mais il tombera bien vite sur un os.

On est en pleine guerre du Vietnam, et je doute que les idées politiques de Siegel et Eastwood aient pu s'accommoder d'une critique ouverte du militarisme en vigueur. Non, par cotre le climat de remise en cause systématique des héroïsmes et du patriotisme à tout crin n'est pas pour leur déplaire, comme on le voit dans une scène, où McB essaie de se mettre dans la poche la domestique noire, donc l'esclave, Hallie (Mae Mercer): il lui dit notamment qu'ils sont tous les deux prisonniers dans l'institution, mais Hallie lui répond qu'elle ne se fait aucune illusion quant aux motivations des Nordistes... Le Caporal ment  chaque fois qu'il parle, et en particulier quand il raconte ses journées au front: les images se placent en constante contradiction des bobards qu'il raconte aux femmes de la pension pour les berner. Mais s'il tente en permanence de jouer sur son capital de séduction,  on constate qu'il commence à perdre son charme précisément quand il se laisse aller à coucher avec la plus faile de toutes ces victimes, la jeune Carol... 

Et c'est là qu'on peut en profiter pour parler d'ne constante des films d'Eastwood, aussi bien le metteur en scène que l'acteur: s'il a souvent, dans ses rôles, une pulsion sadique assez ouvertement exprimée (Et totalement assumée bien sur par sa créature la plus controversée, l'ambigu Harry), il est aussi assez souvent mené à une forme de masochisme sévère. Ici, le personnage croit longtemps garder le dessus, mais va tomber dans les mains d'une associations de femmes qui se sont liguées contre lui, et la mise en scène de Siegel, qui joue à fond sur une grammaire quasiment héritée des films d'horreur, tend à enfoncer le clou.

...Avec un certain humour noir, cela va sans dire.

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood