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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 09:47

Voilà un petit film mystérieux, qui aurait tout simplement du passer entre les mailles des filets, en faisant comme 80% de la production Américaine muette: disparaître sans laisser de traces... Au lieu de ça, on a retrouvé une copie Européenne presque complète et avec quelques traces mineures de décomposition, qui a été sauvegardée par le musée Eye d'Amsterdam, et qu'ils viennent de mettre en ligne via leur chaîne Youtube. C'est un mélodrame assez banal mais qui présente une nature, comme on disait alors, "risquée", ainsi qu'un sujet qui faisait florès: la traite des blanches. Mais était-ce bien le sujet? D'une part le film accumule les retournements de situation et les digressions, d'autre part, je dois admettre que ma connaissance du Néerlandais est tout bonnement au point mort... ce qui rend la compréhension de ce film, au sujet duquel il existe assez peu d'informations, très difficile.

Essayons toutefois; Maria (Marguerite Snow), une jeune immigrante Italienne, arrive à New York, et toute droit sortie d'Ellis Island, elle se met en quête de sa tante Loretta sensée l'accueillir. Mais elle est interceptée par un type louche et se retrouve directement confrontée à une scène inattendue: elle est placée à attendre dans une salle, où... une dame de la bonne société est venue "faire son marché": elle examine de jeunes immigrantes sous toutes les coutures. Comprenant vaguement qu'elle est entre les mains d'une dangereuse mafia, la jeune femme tente de s'enfuir, et elle est aidée et secourue par Jack Spaulding (James Cruze), un brave homme qui l'aide alors à retrouver sa tante. Ils se reverront...

Cette vague histoire de traite des blanches revient de façon intermittente, mais n'est jamais vraiment résolue; en réalité le principal aspect de l'intrigue qui sera développé, est l'attirance évidente de Jack pour Maria, et les conséquences que cet amour compliqué aura sur la liaison du jeune homme avec sa fiancée (Ou ex-fiancée?) Rosalie. Mais d'autres points demeurent obscurs: pourquoi Jack, qui a l'air selon les critères de 1917 d'être un brave homme parfaitement équilibré, invite-t-il la prude Maria à le suivre dans un "cabaret", pour reprendre les mots de l'intertitre (En Néerlandais dans le texte, donc), où ils vont assister à un spectacle vulgaire, de déshabillages déguisés en chorégraphie? Cet épisode aura l'avantage de résonner de façon douloureuse chez Maria, qui se rappellera à cette occasion son expérience traumatique, mais soyons francs: on n'y voit que prétexte à montrer de la nudité...

Par ailleurs on comprend mal les réticences de Jack à assumer son amour pour Maria. Est-ce parce qu'elle est Italienne? Auquel cas le film ne serait pas forcément un modèle d'ouverture d'esprit. A ce sujet, on constate que le film semble contenir toutes les possibilités de fin, avec des coups de théâtre successifs qui pourraient tout aussi bien être un bout à bout de deux issues différentes. Mais dans tous les cas, ça ne vole pas très haut...

La copie, outre le fait qu'elle ne contient pas de générique d'ouverture, est certainement une version d'exportation: les Européens ont toujours, à l'époque du muet, eu un rapport plus tranquille avec les étalages de nudité, et cette version ne se privant pas, on peut penser que c'est un montage qui nous était destiné. Reste à régler le problème de l'attribution du film: c'est une production soit de Kimberly films, soit de la plus connue Thanhouser. Bien que le film soit sorti en Europe en 1921, on retrouve les traces d'un Slave Mart de 1917 avec Cruze et Snow (Et de toute façon, Cruze passe d'acteur à metteur en scène en 1918). Le metteur en scène est inconnu, et au vu du résultat final, on tend à le comprendre...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1917 James Cruze