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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 16:30

On hésite à employer le terme de comédie, car pour Lois Weber, qui a choisi comme principales protagonistes de son film les épouses, le chemin ici est balisé de tessons de bouteille... Et pourtant on est dans un cinéma de la subtilité; cousin de celui pratiqué par Cecil B DeMille depuis 1918, quoiqu'en plus subtil... Et ce film semble par bien des aspects anticiper sur des oeuvres aussi essentielles que les films de Lubitsch (Notamment The marriage circle, ou encore Lady Windermere's fan) et bien sur l'admirable A woman of Paris de Chaplin...

Mr et Mrs David Graham sont mariés depuis peu, et Mrs, interprétée par Claire Windsor, a à coeur de tout faire pour conserver l'amour de son mari (Louis Calhern). En même temps il fait conserver à celui-ci un semblant de vie et d'effort, ce qui la pousse à constamment reconsidérer son rôle d'épouse. Ce qui n'est pas le cas de Mrs John Daly; celle-ci (Mona Lisa), mariée surtout pour pouvoir profiter de la rassurante protection de la fortune de son mari (Philipps Smalley), a pris l'habitude de ne lui dire que ce qu'il a envie d'entendre, et de garder la vérité pour elle. Les deux femmes évoluent dans le même cercle, mais Mrs Graham apprend que son mari et Madame Daly se connaissaient avant qu'elle-même n'entre dans la vie de David. et quand la belle ténébreuse les invite pour un week-end, elle pense que l'intrigante s'est décidée à tenter de reconquérir son ancien amant... Et elle a raison. mais rien ne va arriver comme prévu...

Deux couples, mariés de fraîche date, qui n'ont d'ailleurs pas encore d'enfant. Les dames votent depuis peu (c'est en 1918 qu'elles ont eu accès à cet avantage autrefois réservé aux hommes, mais à voir la façon dont les deux femmes "gèrent" leurs maris, on sent bien qu'elle savent depuis longtemps tirer les ficelles. Le chemin, pour les deux femmes (en particulier pour Claire Windsor) est parfois très douloureux, et la réalisatrice s'est ingéniée à tout le temps contraster les points de vue féminins et masculins, et les opposer sur le même théâtre des opérations... Et elle a choisi de montrer un week-end dans une immense maison, tellement immense, que la pièce change à chaque scène! Ainsi confrontées à un dédale de possibilités pour leur couple respectif, les deux femmes vont passer un week-end de conflit intérieur qui aurait pu être bien plus brutal... L'essentiel de la bataille va se faire autour d'une lettre parfumée. Faut-il l'ouvrir, ou pas?

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Published by François Massarelli - dans Muet 1921 Lois Weber