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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 12:24

Dans les courts métrages de Capellani, qui sont rappelons-le antérieurs ou contemporains des courts métrages de Griffith, on est frappé par leur imprévisibilité, et le jeu avec ce qui va devenir les genres, ainsi que leurs codes. Ce film en est un exemple frappant...

Bien que contemporain du film L'assommoir (1908), qui était d'une durée plus importante (35 minutes environ), L'homme aux gants blancs ne dure que 17 minutes, et ne prend donc pas trop son temps: il nous montre d'abord l'arrivée à Paris, à son hôtel, d'un homme que son patronyme (M. Rasta) identifie comme un escroc, malgré sa présentation et l'impeccabilité de sa tenue. M. Rasta qui projette un mauvais coup commence par s'assurer de sa présentation, et voit que ses gants blancs sont abîmés: un épisode assez long nous le montre s'en plaindre, puis accueillir une couturière, et on voit (Un gros plan est utilisé) un bouton tout neuf... Pourquoi, au-delà de l'identification au titre, se préoccuper à ce point de ce détail vestimentaire? C'est que Capellani a un plan...

Le reste de la soirée se passe sans accroc: le gentleman cambrioleur rencontre une femme, ils se connaissent, ils se donnent rendez-vous. le soir il l'accompagne chez elle, et pendant qu'elle est occupée en dehors du salon, il lui vole subrepticement un bijou, avant qu'elle ne le raccompagne dehors. Durant toute la scène, nous avons vu, nous, un malfrat (avec le costume d'Apache 1908, des godasses en lambeaux à la casquette sale), qui attendait dehors. Et au moment où M. Rasta sort, il perd, en manipulant l'un des bijoux qu'il a subtilisé, sa paire de gants blancs. Le malfrat s'en empare, rentre dans la villa ou il va faire chou blanc... Et pour cause, le bourgeois qu'il a vu était déjà passé par là. mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'était qu'il lui faudrait faire face à la présence de la dame: il la tue, laisse les gants et s'en va.

Le reste, techniquement, est prévisible: c'est une erreur judiciaire particulièrement ironique, dans laquelle Capellani va au bout de tout ce qu'il nous a montré, et la police n'a aucun mal à mettre la main sur la couturière qui a  bien sur très bien vu les gants blancs, et leur bouton distinctif! Mais là ou on attendrait un dénouement qui serait plus confortable pour notre "M. Rasta" (La Gaumont l'aurait sans doute exigé!), le dernier plan nous montre le gentleman cambrioleur emmené par la police sous les yeux des badauds.

Parmi eux, l'apache: il assiste tranquillement à la scène, et une fois la voiture partie, il continue son chemin comme si de rien n'était...

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Published by François Massarelli - dans Muet Albert Capellani