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  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 08:58

L'un des derniers films muets Chinois, La divine (Appelé The Goddess, soit "La déesse", en Anglais) est un pur produit du cinéma de Shangai: soigné, mélodramatique, et totalement sous l'influence des grands maîtres du cinéma Américain de la fin des années 20, Borzage en tête! Le film ne quitte jamais son environnement citadin, qui pourrait être Shangai by night: l'héroïne (Ruan Lingyu) est une jeune mère qui tous les soirs, s'occupe de son fils, le nourrit, le borde... avant de mettre une robe de soirée et de confier la garde du petit à sa voisine, parce qu'elle doit partir pour son travail. On se doute qu'elle n'est donc ni boulangère ni avocate, mais elle effectue son travail, jusqu'au soir où, pour fuir un raid de la police, elle doit se réfugier dans une habitation... Là, l'homme qui vit sur place accepte de la protéger contre la police le temps que la rafle se termine... Puis lui impose de passer le reste de la nuit avec lui. Elle est prise au piège, parce qu'il décidera de devenir son souteneur. Et surtout de se servir dans sa caisse dès qu'elle gagnera le moindre sou. Ce qui contrecarre prodigieusement les plans d'avenir d'une jeune mère qui se voyait déjà fournir une éducation décente à son fils... Elle va donc tenter le tout pour le tout, et fuir...

Le film entier est accroché à la performance de sa star, la grande actrice Chinoise Ruan Lingyu (1910 - 1935), dont la vie présente de façon troublante des échos de ce rôle, celui pour lequel elle est aujourd'hui encore reconnue. Ce sont précisément ces échos qui la décideront, suite à un scandale du à l'attitude indélicate de la presse (Qui aimait à la confondre avec ses rôles de prostituée!) mais aussi à celle d'un ancien amant. Mais justement, ce que le film montre, c'est le sacrifice absolu, total, d'une mère à son fils: elle sacrifie sa réputation, dans une scène perturbante, lorsque le directeur de l'école vient la cuisiner pour savoir si les rumeurs la concernant sont vraies, elle choisit de dire la vérité pour montrer justement qu'elle a tout donné pour son fils. Et elle va aller jusqu'à faire le plus ultime des sacrifices dans une scène inattendue, qui est le point culminant du film. On est confondus devant le talent de la dame, qui monopolise le regard de la caméra et le nôtre. Maintenant Yonggang a un oeil, et ce n'est pas un manchot: montage, cadrage, composition, mouvement... Il avait tout appris des meilleurs, et il avait tout retenu. Bref: un classique, un chef d'oeuvre... Foncez!

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Published by François Massarelli - dans Muet 1934