Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 08:51

Marie-Louise Iribe: elle est entrée dans l'histoire, un peu par la petite porte, comme comédienne d'abord (Tanit-Zerga dans L'Atlantide de Feyder, son rôle sans doute le plus emblématique), comme l'épouse de Pierre Renoir ensuite. Ses liens avec la famille Renoir nous renvoient à son rôle de productrice aussi, puisque c'est à elle qu'on doit la mise en chantier du film Marquitta de Jean Renoir, qui selon certaines sources serait perdu. Elle y interprétait le rôle principal. Elle partage avec Musidora l'honneur pas souvent mis en avant par les historiens d'avoir été aussi réalisatrice: elle a donc produit, interprété et réalisé Hara-Kiri en 1928. Et l'année suivante, intéressée par le cinéma sonore, elle a mis en chantier son deuxième film, inspiré du poème de Goethe éponyme (Erlkönig) , ainsi que par une oeuvre de Schubert qui s'y réfère. Son idée était de compléter l'offre existante (Poème, oeuvre musicale) avec des images qui bougent. Du coup, le fait d'en faire un film sonore s'imposait.

L'histoire est celle d'un homme et de son garçon malade, qui doivent chevaucher afin de consulter un docteur. Mais dans son délire, le garçonnet voit le Roi des aulnes, une divinité qui commande à la mort, et qui lâche ses fées pour l'attirer dans ses filets. Le père met le délire de son fils sur le compte de sa fièvre, mais nous, nous avons aussi vu ce que lui a vu.

C'est donc cette période durant laquelle le cinéma n'est plus tout à fait muet et n'est pas encore vraiment parlant... s'il fallait comparer le Roi des Aulnes à un autre film, je pencherais pour Vampyr: même impression de rêve éveillé, même mélange malaisé entre bruitages, musiques, dialogues au compte-goutte et impératifs de doublage (le film a été sorti en deux versions, une allemande et une française: j'ai visionné la française, les acteurs ont un fort accent Alsacien!). Ce n'est pas que le film d'Iribe est aussi bon que celui de Dreyer, loin de là, mais le style s'en rapproche... Forcément ambitieux, le film est l'occasion de tenter de recycler les bons vieux truquages des années 10 et 20 (la surimpression en particulier), et certaines expériences débouchent sur des effets intéressants. Tous en tout cas servent leur office, pour une expérience étrange pas tout à fait aboutie, mais qui force au moins le respect.

Partager cet article

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Marie-Louise Iribe