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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 19:20

Hanté par le souvenir de sa mère disparue, Andreï Bagrov (Vitold Polonski) vit seul avec sa tante, reclus das une solitude face à son obsession pour la science. Au cours d’une soirée mondaine à laquelle son ami Tsenine (Georgy Azagarov) l'a poussé à participer, il rencontre l'actrice Zoïa Kadmina (Vera Karalli), que sa gaucherie le pousse à fuir... Pourtant il pense à elle et quand Tsenine lui propose d'aller assister à un concert de bienfaisance, il a reconnu son nom. Durant le spectacle ils restent les yeux rivés l'un sur l'autre... Mais rien n'arrive pourtant. Pire: ils se retrouvent dans un parc, et le jeune homme reste froid vis-à-vis de la jeune femme. Trois mois plus tard, Andreï apprend sa mort elle se serait supprimée à cause d'un amour non partagé. A partir de cet instant, elle l'intéresse...

Après le mari éploré de Rêves éveillés, qui était trop obsédé par le souvenir de son épouse pour réussir à vivre pleinement et en confiance un nouvel amour, au point de tuer, Andreï est à nouveau un héros sombre et typique de l'auteur qu'était Yevgueny Bauer. Une fois de plus, le metteur en scène manie une certaine ironie, en même temps qu'une omniscience évidente dès la fameuse séquence de la soirée mondaine, souvent mentionnée par les commentateurs, tous admiratifs: c'est un plan-séquence de 5 minutes dans lequel la caméra reste constamment cadrée sur Andreï, qui évolue, seule personne à se demander ce qu'il fait là, au milieu de gens qui eux en revanche prennent du bon temps: tout est dit!

Et Vera Karalli est parfaite dans le rôle ambigu d'une femme du monde qui ne réussit pas à envoyer les bons signaux de S.O.S. au seul homme avec lequel elle aurait sans doute pu communiquer, et puis vivre, tout simplement: ce n'est pas un hasard si Bauer lui a ensuite confié le rôle principal de l'artiste de La mort du cygne. Mais le héros de ce film reste fermement Vitold Polonski, qui accomplit la redoutable mission de donner à voir un homme qui va glisser dans une obsession morbide de plus, en quelque sorte en choisissant sa folie... Bauer est particulièrement inspiré par le caractère onirique de la maladie du jeune homme, ce qui donne lieu à des séquences visuellement inoubliables, parmi les plus belles et les plus noires de son oeuvre.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1915 Yevgueny Bauer