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6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 19:02

Un homme obsédé par la disparition de sa femme morte croise son sosie dans la rue et va se perdre dans une tentative malheureuse de re-création impossible de l'amour perdu... Ca vous rappelle quelque chose, n'est-ce pas? Mais on n'est pourtant ni chez Hitchcock, ni chez Boileau et Narcejac, les deux auteurs de D'entre les morts, le roman adapté par Hitchcock pour son film Vertigo! D'ailleurs, les chances pour le cinéaste Anglais ou pour le duo d'écrivains d'avoir vu ce film de Bauer, sorti sans doute exclusivement en Russie en 1915, puis disparu des écrans radars pendant 75 ans, me semblent fort minces...

Sergei Nedelin (Alexandre Wyrubow) vient de perdre son épouse et est inconsolable. Il s'enferme en permanence, dans une maison qui ressemble à un mausolée dédié à lépouse disparue, et encombré de portraits, d'objets fétiches, et autres souvenirs accumulés de façon morbide. Son meilleur ami, le peintre Solskii (Victor Arens) conseille à Sergei de sortir pour s'oxygéner... et lorsqu'il tente une sortie il croise Tina (Nina Tchernovajewa), une femme qui ressemble à sa chère Helena... Elle est actrice, et il la suit jusque au théâtre où elle participe à un opéra: elle joue une femme ressuscitée d'entre les morts.

A partir de là, Sergei est obsédé par la jeune femme, et essaie même de considérer qu'il va revivre grâce à cet amour, mais tout va mal se passer, pour au moins deux raisons: son ami Solskii, qui est peintre, voit très facilement en Tina une femme qui profite de la situation et il met son ami en garde. Un artiste, chez Bauer, est souvent doté de sens particuliers. Et sinon, Sergei a du mal à contenir Tina qui une fois chez lui, souhaite n'en faire qu'à sa guise... et dans l'esprit de son amant, profane les objets d'Helena qu'elle touche...

Je le disais plus haut, on n'est pas chez Hitchcock, mais bien chez Bauer: cette ironie distante face à l'obsession morbide, cette inscription définitive du personnage dans son environnement, fait ici uniquement de traces de l'être aimé et décédé, ou encore l'artiste clairvoyant (Qui ne sera pas écouté, et du coup joue le rôle d'un oracle inutile): tout ça fait l'univers de ce grand cinéaste méconnu. Un univers qu'on retrouvera dans d'autres films tout aussi beaux, tout aussi morbides et tout aussi passionnants, Après la mort (1915) et La mort du cygne (1916)...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1915 Yevgueny Bauer