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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 09:04

A Zootropolis, la cité où les animaux ont appris à vivre ensemble, prédateurs comme proies, une sombre affaire de bestioles qui deviennent cinglés et retournent à l'état sauvage est confiée par malheur à une jeune recrue récente, une lapine qui est mal acceptée par ses collègues parce qu'elle est, justement, une lapine! Et elle doit faire alliance avec un petit escroc, un renard. Ce qui tombe très mal, puisqu'elle a, depuis son plus jeune âge, une aversion pour ces bestioles...

Ca faisait combien de temps qu'un film Disney n'avait pas été aussi enthousiasmant? Inutile de compter, on va inévitablement être amené à écrire le mot 'Pixar' dans la réponse à cette question! Car cette production Disney pur jus a la qualité des productions de Pixar d'avant la normalisation, et se voit avec un plaisir constant. Certes, il y a des moments conventionnels et des défauts énervants, mais on va les évacuer tout de suite:

Par exemple, à 105 mn environ, le film est trop long, et se laisse un peu trop aller à ces sales manies de TOUS les dessins animés Disney depuis les années 80: la normalisation par le sentiment, et le final qui remet toutes les pendules à l"heure. On a fini par l'accepter tant et si bien qu'on n'y prend plus garde (Et notons que les films Pixar sacrifient souvent aux deux) mais c'est quand même des moments à lever les yeux au ciel).

Ou encore, ça et là, on assiste à une tentation de rappeler qu'on est en , qui passe par l'exploitation éhontée de l'art du temps. Et Shakira chantant à l'auto-tune une mélodie à une ou deux notes, avec des basses qui fait BOOM BOOM BOOM sur un tempo préréglé pour conclure le film? Pouah, c'est une faute de goût.

Pour le reste, eh bien... ce n'est que du bonheur.

Grâce d'une part  à une animation qui ne repose pas uniquement sur le tout-venant des productions en images générées par informatiques, cette technique merveilleuse qui est devenue une plaie, responsable des films les plus visuellement vomitifs des dix dernières années (Shrek, L'âge de glace, etc): il y a eu vraiment une recherche graphique qui ne se contente pas de reprendre les codes Disney et de les transposer en 3D. Bref, et c'est notable, le film est beau.

Ensuite, il y a une équipe (ils sont six... comme dans n'importe quel film hollywoodien, en fait, sauf que cette fois on les mentionne...) de scénaristes qui ont pondu un film, qui prend sur plusieurs héritages avec bonheur, notamment, les comédies à tandem, ce qu'on appelle dans le jargon les "buddy-movies". On a ici aussi une intrigue de film policier intéressante. Oui, vous avez bien lu: elle est surprenante, tout en reposant sur les artifices attendus... Et le message du film, quant à lui, si rien ne peut l'empêcher de finir sur du lénifiant, au moins il n'est pas trop stupide (On s'éloigne en tout cas bien loin de l'infecte morale fasciste de l'ignoble Roi lion, supposé être le nec plus ultra chez Disney!), et comme on a bien rigolé devant l'avalanche millimétrée de gags du film (Dont certains sont bien cachés, mais on peut toujours s'amuser à les chercher...), on ne va pas se plaindre... Juste un exemple, inattendu dans une production Disney: le démarquage hilarant du Parrain.

Pour terminer, le film renverra les admirateurs du dessinateur Raymond Macherot à sa création majeure de 1964, le superbe album de bande dessinée Chaminou et le Khrompire qui partait du même principe: d'une part les animaux y ont abandonné leur animalité, et ont réussi à trouver le moyen de cohabiter et de se mélanger entre prédateurs et proies... D'autre part l'enjeu de l'intrigue est justement cette peur du retour de la sauvagerie. dans le film on s'en sort bien. Chez Macherot, on sent par contre que les vieilles habitudes ont la peau dure. Cette similitude me paraît toutefois une pure coïncidence. Pas grave. 

Mais lisez Chaminou quand même, c'est une merveille...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation