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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 08:58

"J'ai écrit un roman qui s'appelle L'Auberge Espagnole", nous dit Xavier: cette phrase lâchée en plein milieu du film nous permet de mesurer l'effort narratif de ce deuxième long métrage du cycle: c'est l'histoire d'un écrivain qui nous raconte ce qui lui est arrivé, dans le film qui raconte ce qu'il est supposé écrire... Et il n'y arrive pas: comme dans L'auberge Espagnole, justement, il est difficile à Xavier de dire ce qu'il a à nous dire, et de choisir le bon moment pour commencer ou le bon angle d'approche... Mais Les poupées Russes est bien la suite de L'Auberge Espagnole, qui raconte Xavier et sa vie (Ecrivain sans avenir, célibataire invétéré, pas doué avec les femmes) cinq ans après les aventures à Barcelone.

Cette fois, il (Romain Duris) est bel et bien Parisien. Les trois femmes avec lesquelles il passe le plus de temps sont Martine (Audrey Tautou), la petite amie qu'il quittait durant les événements du film précédent, Isabelle (Cécile de France), qui désormais habite Paris, et est toujours aussi lesbienne, et enfin sa maman (Martine Demaret)! Sinon, professionnellement, c'est mal parti: il doit se résoudre à écrire des articles sans grand intérêt pour des magazines féminins, et proposer ses services de "nègre" pour un éditeur. A trente ans, il est obsédé par l'idée qu'il ne trouvera peut-être jamais l'âme soeur...

Le titre est cette fois justifié par un lien avec L'auberge Espagnole: William (Kevin Bishop), le frère de Wendy (Kelly Reilly) avec laquelle Xavier partageait son appartement, se marie: il a rencontré une ballerine de Saint-Petersbourg et a été jusqu'à apprendre le Russe pour la retrouver. Il y aura donc ce voyage en Russie qui permet à tous les copains de Barcelone de se retrouver. Mais auparavant, il y aura surtout une opportunité pour Xavier de travailler avec Wendy sur un scénario de téléfilm coproduit par France Télévisions et la BBC: les voyages quotidiens à Londres vont rapprocher Xavier et Wendy...

On peut penser que ce qui était formidable dans le premier film tourne ici à la formule, que les idées narratives tournent à la sale manie... Il n'en est rien: Klapisch intègre suffisamment de variations, et de toute façon conditionne la narration à l'abondance de digressions. Comme le fait remarquer Wendy quand ils travaillent à leur script, il est toujours intéressant d'insérer des histoires dans l'histoire, comme dans Les contes des mille et une nuits: c'est ce qui arrive du début à la fin des 128 minutes du film. Oui, 128 minutes, je pense que c'est un poil trop long, justement...

Mais ce film s'appelle Les poupées Russes, et derrière chaque développement, chaque histoire, se trouve une autre possibilité. Comme avec les poupées, on veut aller voir plus loin: les idées de mise en scène qui impliquent ces allers-retours narratifs, ou encore les visualisations burlesques du script que Xavier essaie d'écrire pour un téléfilm romantique gnangnan, dans lesquels il ne peut s'empêcher de projeter l'image de son voisin ennuyeux interprété par Zinedine Souallem, et le traitement de l'écran en un terrain de jeu qui tourne parfois au kaléidoscope fourre-tout, maintiennent l'intérêt, et... du coup, le charme opère. 

Comme les jeunes filles.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Cédric Klapisch