Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 16:46

Un film qui commence, et.. ah tiens non, en fait il ne commence pas: il n'est pas encore fait. La cause? Le script, refusé par la commission de censure, qui a objecté à toutes les provocations. la faute en incombe non à l'un (Henri Crémieux) des deux scénaristes, un provocateur obsédé par la noirceur et le glauque, mais plutôt à la mésentente entre lui et son partenaire (Louis Seigner), nettement plus raisonnable... Nous allons assister à leur remise des compteurs à zéro, et le film, de scène en scène, dans deux directions bien différentes, va se dérouler sous nos yeux: l'histoire d'Henriette (Dany Robin), née le jour de sa propre fête, qui est aussi la fête nationale; ce 14 juillet, la jeune femme envisage de passer la journée avec son fiancé Robert (Michel Roux), qui est photographe pour la presse, mais évidemment il a des obligations (plus ou moins, hum) professionnelles; et elle rencontre Marcel (Michel Auclair), pardon Maurice, un mauvais garçon au coeur d'or pour l'un des scénaristes, et... un assassin anarchiste et fou pour l'autre...

Je ne sais pas si Duvivier et Jeanson, les deux scénaristes de ce film, se sont auto-caricaturés en ce couple maudit de scribouillards qui ont manifestement leurs habitudes: ils écrivent en villégiature, accompagnés d'une scripte, Nicole (Micheline Francey), et de deux femmes anonymes dont je doute qu'elles soient leurs épouses légitimes, et qui dans l'ensemble ne servent pas à grand chose... Tout ce petit monde partage bien évidemment la même suite d'un hôtel à la bonne franquette. En tout cas Duvivier ne s'épargne pas, les scènes "noires" du film étant souvent une auto-parodie, mais en un peu trop poussé à mon goût (Cette manie de pencher la caméra pour faire croire qu'on joue sur le style... enfin.). Il nous donne aussi un clin d'oeil à Don Camillo, dans l'une des premières scènes... Mais si Seigner triomphe de son partenaire, le résultat n'est pas pour autant un film à l'eau de rose: Henriette et Robert vont passer par des expériences qui risquent de marquer leur couple de façon durable. Enfin, Duvivier et Jeanson par le biais de leurs scénaristes commentent tout (L'un des auteurs hurle à l'approche d'une troupe de filles dénudées, mais il n'empêche que nous les voyons bel e bien, dans la scène située dans le cabaret qui répond au nom admirable de "Le cochon qui sommeille"!

Cela étant dit, et étant admis que le film est à mon humble avis trop long, le constant parasitage de l'action par les allers et retours des deux scénaristes, le franc-parler de Jeanson, la frimousse de Dany Robin, excellente et l'incroyable présence de Michel Auclair, le Paris de Duvivier, et bien sur Montmartre, font que cette comédie franchement unique en son genre (Il y a eu un remake, à propos) nous manquait, depuis qu'une sombre histoire compliquée de droits nous en avait privé. Elle est de retour, tant mieux!

 

Partager cet article

Repost 0
Published by François Massarelli - dans Julien Duvivier Comédie