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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 18:29

Il y a des remakes utiles, et d'autres pour lesquelles les motivations sont sans doute à rechercher assez loin... 16 ans après le classique film de Cceil B. DeMille, Paramount a donc remis le couvert en lançant une nouvelle adaptation de l'histoire de Fannie Ward. comme dans l'original, on assiste donc aux exactions de quelques riches oisifs, qui se mettent dans des situations de folie furieuses...

Elsa Carlyle (Tallulah Bankhead) est une femme désoeuvrée, habituée au luxe, qui s'est mariée à un homme qu'elle aime de tout son coeur, mais ça ne l'empêche pas d'avoir des envies d'évasion. Elle les calme en jouant... et un soir, elle perd gros, très gros. Ce soir-là, au casino, elle fait la connaissance de Hardy Livingstone (Irving Pichel), un homme riche à millions, qui revient du Japon et qui a décidé de la séduire par tous les moyens. Quand les dettes de jeu d'Elsa risquent de remonter jusqu'à son mari, elle accepte un chantage monstrueux: Livingstone lui prête de l'argent, et en échange... elle devient sa chose. Mais quand elle vient avec un chèque en bonne et due forme pour s'acquitter de sa dette envers lui, il la marque, littéralement, au fer rouge.

En 1915, le but principal du film de DeMille était de marquer les esprits et d'étudier les rapports entre le drame d'un côté, certes excessif et sensationnel, et la mise en scène, recherchée et particulièrement riche en utilisation de l'ombre et de la lumière. Le résultat était baroque, mais fascinant, et bien sûr tempéré par un fonds inévitable de racisme: le personnage de riche dandy arrogant, un prince Birman, étant joue par le grand Sessue Hayakawa! Les intertitres ne faisaient pas dans le dentelle... Avec Irving Pichel, qui joue ici un Anglo-Saxon, on déplace le curseur, d'autant que cette fois le film n'attribue cette cruauté à aucune cause raciale. Disons qu'il y a quand même un racisme culturel, qui véhicule les clichés de cruauté de la civilisation Asiatique telle qu'elle est renvoyée par les obsessions de Livingstone. Pichel, qui en rajoute allègrement dans le registre du dandy qui en sait beaucoup et qui manipule les femmes, sert parfaitement la dimension la plus volontiers crapuleuse de cette histoire rocambolesque. Je n'en dirai pas autant de Tallulah Bankhead, qui dirigée par un metteur en scène de Broadway, joue comme sur les planches, c'est à dire mal: au cinéma, on n'a pas d'auditoire à aller chercher avec les dents... ou avec les seins, car Bankhead est Bankhead, et le moins qu'on puisse dire c'est que Livngstone a bien visé quand il a marqué la jeune femme au fer rouge!

George Abbott, cet illustre inconnu, fait un travail qui n'a rien de remarquable, mais le découpage est clair, le script aussi. La seule scène vraiment notable est le clou du spectacle, avec des ombres chinoises. Mais bon: The cheat (1915) est un grand, grand film. Pas celui-ci, sans être indigne pour autant; il participe d'une nouvelle tendance qui fera des petits durant cette période: montrer à voir les turpitudes des riches. C'est toujours ça de pris!

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code