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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 16:56

Le premier film de Smoczyńska est un moyen métrage, réalisé dans le cadre de ses études de réalisation à l'institut Andrzej Wajda. Elle y conte la vie de tous les jours d'une jeune femme (Gabriela Muskala), une mère de famille qui a choisi de rester mère au foyer, dans un immeuble du centre de Varsovie. Elle est mariée à un homme qui n'est pas un monstre, loin de là, mais elle a un manque affectif ou en tout cas un déficit de romantisme, qui s'exprime très clairement à travers une scène, durant laquelle elle regarde avec envie un couple qui s'embrasse pendant qu'elle est dehors avec son mari et ses deux enfants. Deux jumeaux, dont elle dit elle-même qu'elle les confond parfois...

Un jour, elle entend la voix d'une femme, quand elle est dans sa salle de bain. Une cantatrice (Katarzyna Figura) qui fait des vocalises... Elle l'entend de nouveau à l'occasion, puis un jour elle rencontre la chanteuse, une femme habillée de fourrures. La fascination s'installe, et la jeune femme n'a de cesse que de se rapprocher de sa voisine, d'autant que celle-ci va partir pour une longue tournée...

La frustration d'une jeune femme, qui entend ne rien céder à la fatalité sur le terrain de ses idéaux romantiques... mais n'entend pas non plus abandonner son choix de rester en retrait de la vie active afin de s'occuper de ses enfants. la cantatrice lointaine,mystérieuse et tentatrice qui la laissera s'approcher représente tout le poids de ces frustrations et contradictions, et des questions qu'une femme de 30 ans est peut-être amenée à se poser un moment. L'attirance des deux femmes l'une pour l'autre est-elle la même? Disons qu'elles se répondent: l'une souhaite sortir de son cocon sans se renier, l'autre a tout, mais... elle est seule, erratique, et épouvantablement triste. Le monde est mal fait...

Ce film, en revanche, ne l'est pas: la réalisatrice sait même injecter de l'humour dans cette histoire sombre de destins croisés, sait éviter d'en dire trop, et se repose sur un casting de choix. En particulier Gabriela Muskala, qui a beau nous véhiculer son point de vue, mais reste quand même celle qui, à la fin, en a le moins dit...

Et d'ailleurs, sa vie continue. Le très joli dernier plan du film nous montre la petite famille qui joue avec des ballons de baudruche de couleur orange. Ils les lâchent, et la caméra les capte alors qu'ils sont loin, loin... à la fin, tout bas d'un plan, on ne voit qu'une toute petite tâche orange qui s'agite.

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Published by François Massarelli - dans Agnieszka Smoczyńska