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29 octobre 2017 7 29 /10 /octobre /2017 11:12

Foutaises, sous ses airs de ne pas y toucher, c'est l'introduction par Jeunet d'un film-première personne, dans lequel on égrène des plaisirs et des choses qu'on n'aime pas. Bien sur, le parallèle avec Le fabuleux destin d'Amélie Poulain est immédiat, puisque la définition des personnages s'y fait via cette liste de petits trucs, de foutaises donc. mais il y a aussi dans ce film une première ébauche de l'art tous azimuts de la tendance du metteur en scène à ce qu'on appelle la "récup", inséréé dans une structure très précise qui confine souvent au joyeux bazar: voix off en forme de confession gourmande, soudainement coupée par des dialogues, chansons (Thierry La Fronde), voire scènes entières, comme l'épisode du départ en vacances. Les acteurs qui interprètent ici la partition sont bien sur reconnaissables par leur future participation dansDelicatessen, voire d'autres films pour l'un d'eux: Dominique Pinon, Marie-Laure Dougnac, Chick Ortega, et Maurice Lamy.

C'est certes un tout petit film, mais ça reste un film qui fait plaisir, et qui l'air de rien entame une relation cinématographique avec le coté tactile et odoriférant du souvenir d'enfance... les boîtes à gâteaux, les nappes à carreaux, les cuisines qui sentent un mélange de cuisson, de bois, de plastique, de tabac froid et de liquides divers. L'enfance, quoi. Un court métrage dans lequel on devine l'équipe de Jeunet, déjà sous le patronage de la productrice Claudie Ossard, rodant ce qui va être le premier film de longue haleine de la fine équipe. Attribué à Jeunet seul, Foutaises sonne comme une répétition générale de cette tendance à la poésie des faubourgs, à l'étalage de souvenirs tactiles et odorants, dont les films suivants se feront les champions. une sorte de bible Jeunetienne, dont les autres films se nourriront parfois (Alien resurrection y compris, via un sens du bricolage et un sens de la famille qui ne doit pas qu'au scénariste Joss Whedon), mais sans jamais s'y abandonner totalement...

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Published by François Massarelli - dans Jean-Pierre Jeunet