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14 octobre 2017 6 14 /10 /octobre /2017 16:40

"Un soir de rafle", donc, Georget, un marin démobilisé (Albert Préjean) rencontre une jeune femme, Mariette (Anabella) qu'il prend pour une prostituée, mais qui est en fait une chanteuse de music-hall, et une femme à la vertu irréprochable de surcroît. Ils sont amoureux, ils sortent, et se rendent un jour à une fête foraine, où pour répondre à une provocation, Georget se bat sur un ring de boxe, et... gagne haut la main. Le boxeur défait lui propose de l'entraîner et en deux temps trois mouvements, Georget devient champion de France.

Et c'est là que les ennuis commencent, car les honneurs de la victoire attirent manifestement les gens infréquentables. Dont une femme... Georget et Mariette se séparent, mais dans l'ombre,la jeune femme ne cesse pas de l'aimer... 

Autant je déconseille vivement le visionnage du film Ma cousine de Varsovie, de Carmine Gallone, autant je pense qu'avec Un soir de rafle, on a devant soi une très grande surprise. La réunion d'une certain nombre de talents, en fait: le scénario est dû entre autres à Henri Decoin, et adapté et mis en dialogue (Et ça se sent, cette fois) par Clouzot qui était particulièrement inspiré. Il est probablement responsable du découpage aussi, Gallone étant connu pour être un tâcheron qui enchaîne les tournages... ce qui ne l'empêchait pas de réussir un film, car ici la mise en scène est impeccable!

Gallone sait plonger dans le public s'il le faut, et la caméra se promène absolument partout. Le montage aussi est inventif, et le script a la très bonne idée de créer dans le cadre des matches de boxe les conditions d'un suspense, qui ne passe pas trop par des plans de bagarre: il fallait garder Préjean vivant, quand même. C'est la réaction du public qui donne le ton ici, comme dans The ring de Hitchcock! le film partage souvent avec le metteur en scène Anglais cette tendresse pour le public populaire des salles de sport et de spectacle, qu'on voit bien dans les films Britanniques du maître. Mais "le public", parfois, c'est Annabella dont le beau visage d'ancienne actrice du muet est bien mis à profit du début à la fin du film: on a eu le bon goût de ne pas la surcharger de dialogue. Même Préjean réussit à limiter ses "Oh ben mon vieux, tu parles, c'est pas un problème, t'sais" irritants, au minimum! Et est-ce une illusion, une sur-interprétation, ou l'auteur futur de Quai des orfèvres aurait-il glissé dans ce film une sorte de romande homosexuelle de contrebande entre Préjean et son manager, Constant Rémy? Il me semble qu'il est possible d'isoler leur dialogue et de systématiquement lui donner un autre sens. Clouzot raffinait son art, et mettait ici pour le meilleur son talent au service des autres... en attendant son tour, patiemment.

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Published by François Massarelli - dans Henri-Georges Clouzot