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2 novembre 2017 4 02 /11 /novembre /2017 09:24

Avec ce septième long métrage, Pierre Salvadori reprend la formule du triangle, dont il avait offert une intéressante variation avec le splendide Après vous. Et il reprend de ce dernier film la notion, si cruciale dans la comédie Américaine, d'embarras... Mais cette fois, ce n'est pas le personnage principal qui est l'objet de cet embarras, et il en résulte un effet intéressant de... cruauté.

Emilie a un admirateur secret, dont elle reçoit un jour une lettre brûlante d'amour. elle choisit tout simplement d'ignorer celle-ci, et de ne pas chercher à connaître son admirateur... Ce qu'elle ne sait pas (mais nous, nous le savons), c'est que l'homme qui travaille à la maintenance (Technique, électrique, logistique) de son salon de coiffure, Jean est précisément ce correspondant anonyme. Et lorsqu'elle demande à cet homme qu'elle côtoie tous les jours de se dévouer pour faire semblant d'être l'admirateur secret de sa mère, dépressive et en quête d'amour, les limites du tranquille ne tardent pas à être franchies.

Souvent drôle, mais parfois grave, une comédie subtile de plus, d'un admirateur de Lubitsch, avec Audrey Tautou, Nathalie Baye, et l'excellent Sami Bouajila en victime expiatoire des égarements de la femme qu'il aime... En Anglais, le film est connu sous un joli titre: Beautiful lies... Les menteurs, il y en a beaucoup dans le cinéma de Pierre Salvadori... Il y en aura peut-être d'autres. Quelques années après le triomphe The artist, de Michel Hazanavicius, il convient de rappeler que les Anglo-Saxons plébiscitent de nouveau la comédie Française de qualité, et c'est justement vers ce film que s'est portée leur attention: il a eu semble-t-il plus de succès à l'étranger que chez nous.

La situation, donc, part d'un quiproquo: la lettre qui a été une source d'agacement pour Emilie, devient avec quelques changements une lettre qui réveillera complètement sa mère Maddy. Puis on se dirige vers l'embarras: Jean, qui ne peut avouer être l'auteur de la lettre, doit désormais en endosser la responsabilité vis-à-vis de Maddy, et Emilie qui inspirait son amour, devient son tourment, d'où la cruauté. Mais à côté, on appréciera aussi la petite vie parfois burlesque dans le salon, sa coiffeuse-esthéticienne Paulette (Judith Chemla), complètement timorée et qui ne comprend rien à rien, les conflits diplomatiques avec la co-propriétaire Sylvia, et les dialogues toujours justes, et souvent drôles, notamment quand Audrey Tautou, se trouvant face à un électricien sur-diplômé, se prend à réaliser que la correction grammaticale lui met de sérieuses barrières dans sa communication au quotidien. 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pierre Salvadori