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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 17:02

Nous suivons Vincent Van Gogh (Kirk Douglas) depuis sa désastreuse expérience de pasteur dans le bassin minier du Borinage, en Belgique, jusqu'à Paris, puis Arles et enfin Auvers-sur-Oise, où il se tire une balle dans la tête, en proie à des crises de plus en plus fréquentes de folie. 

Le pari était risque, et tout sauf commercial: interpréter Van Gogh, et faire reposer une large part d'un film MGM de 1956 sur des actes de folie répétés, sans autre explication que médicale, et se trouver face à une véritable descente aux enfers de la création, c'était en effet peu fréquent. Le producteur John Houseman a le mérite d'avoir été au bout du projet, en permettant à Minnelli et Douglas de tourner sur les lieux même de l'action. Et la photographie, en Metrocolor, de Russel Harlan, est souvent troublante, d'autant qu'elle a fait le pari de s'adapter à la peinture de Van Gogh plutôt que de risquer le contraire... Kirk Douglas a mis littéralement son corps au service de Van Gogh, allant jusqu'à apprendre à peindre pour qu'on puisse le voir au moins partiellement exécuter la dernière toile de Vincent Van Gogh (Dans le film du moins, il a été établi qu'elle aurait en fait été peinte quelques jours avant la date soupçonnée): Le champ de blé aux corbeaux.

Le reste de la distribution profite du déplacement du cinéaste, qui s'est largement servi en acteurs européens, et en figurants français: Henry Daniell est un sévère Pasteur Van Gogh, qui donne à voir en effet un père particulièrement austère; James Donald interprète Théo Van Gogh, frère à la fois lointain et omniprésent; Pamela Brown est Christine, une prostituée avec laquelle Van Gogh a vécu; Nial McGinnis, génial acteur Irlandais, interprète un mécène bourru. Une exception parmi ces européens, Anthony Quinn interprète Gauguin...

Et au final, on pouvait espérer qu'avec ces prémisses, et un metteur en scène passionné par la peinture, on allait obtenir un chef d'oeuvre, mais... d'une part, le film tombe dans le piège du "name-dropping" dans ses dialogues:

"Dis-moi, Seurat..."

"Oui, Gauguin?"

"Tu n'aurais pas vu Van Gogh, par hasard?"

"Je ne sais pas... Demande à Pissaro"

Etc etc etc... Sinon, justement, comme l'a fort bien dit un critique de Variety à l'époque: voilà un film dont l'action est surtout convoyée par le dialogue. Ce qui est hélas assez typique des films dramatiques de Minnelli... Alors on applaudit la prouesse de reconstitution, mais on se laisse quand même sérieusement rattraper par l'ennui.

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Published by François Massarelli - dans Vincente Minnelli