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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 11:33

Voilà un exemple de ce qui se passe quand un metteur en scène, qui vient de faire l'expérience d'une liberté absolue avec Rich and strange, et qui a du mal à s'en remettre, se voit confier un film à faire, qu'il ne veut pas faire. D'une part, il le fait quand même, et se l'approprie... Je vois dans ce film de nombreuses envies de continuer son bricolage délirant de Rich and strange, et pour commencer, le film est adapté d'une pièce, et conserve pour ses premières quarante minutes (Soit les deux premiers tiers, le film est très court) la notion d'unité de lieu.

C'est un film policier: des gens se retrouvent le soir dans une maison abandonnée, tous avec des raisons plus ou moins claires... il y a un cadavre qui n'en est pas vraiment un, une jeune femme effrayée, un clochard pittoresque, et des malfrats plus ou moins distingués... Maintenant, comme dans toute maison vermoulue qui se respecte, les coups de théâtre s'accumulent plus ou moins gratuitement, mais ça fait bien longtemps que j'ai décidé d'accepter ne rien comprendre au film, qui est très confus et tout à fait illogique. Et Hitchcock n'en disait pas autre chose...

D'ailleurs, ça commence par un acte de quasi-rébellion, avec la vision de la maison, la nuit, depuis la rue. Un homme qui est venu là par hasard, s'avise qu'il s'y passe quelque chose, car il a vu de la lumière et une ombre... il entre, nous le suivons. Et pourtant nous apprendrons à la fin, qu'il est venu pour une mission, et qu'il a une bonne raison d'être dans une maison: c'est tout sauf un hasard. La logique du rêve est appliquée du début à la fin...

Et certains plans au tout début trahissent à mon sens une source inattendue pour ce film, dont j'imagine qu'elle n'est sans doute pas innocente: Hitchcock avait-il vu Vampyr? Sinon, la coïncidence est troublante, car ce pérégrinations d'un héros mal défini, dans une maison où les ombres sont douées de vie, et qui passe par tous les effets visuels de maison hantée qui puissent s'imaginer, nous rappelle étrangement le rêve éveillé de David Gray tel que Dreyer l'a réalisé en 1931...

Mais sinon, on peut faire comme Hitchcock, et considérer que ce film de rien du tout est un désastre. Il vaut donc mieux en rire...

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock