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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 10:40

Dans la galaxie Lautner, il y a un ton, global, et une envie souvent irrépressible de rigoler, qui est le plus souvent partagée par les spectateurs. Mais il y a aussi LES univers des scénaristes qui jouent. Ce film sorti en janvier 1973 est le premier exemple de la collaboration entre Lautner et Jean-Marie Poiré, nettement plus jeune que lui, et qui lui avait été recommandé par Audiard. Il y aura trois films en tout qui témoignent de cette collaboration entre le metteur en scène et son jeune scénariste, les deux autres étant Pas de problème et Est-ce bien raisonnable, ce dernier ayant la particularité d'être basé sur une collaboration entre Poiré et Audiard. Ces trois films partagent des traits communs...

D'une part, il faut bien reconnaître qu'ils sont quand même bien franchouillards, non? Ces vieux "ploucs" (le terme est prononcé à plusieurs reprises dans le film) qui se plaignent de ne pas avoir de tourisme dans leur village, et qui doivent soudain faire face à une invasion de hippies (Qui, forcément, se droguent, ne comprennent pas grand chose, ont recueilli un déserteur du Vietnam, se baladent à poil, et pratiquent allègrement l'amour libre en se gavant de riz complet. C'est un minimum) d'une part, et une invasion de gangsters dont André Pousse flanqué de deux dames au pedigree incertain mais résolument citadin... On n'est pas dans Shakespeare, on l'aura compris. Donc, entre Jean Lefebvre, Michel Galabru et Henri Guybet d'un côté, et les habituels André Pousse, Dalban ou les omniprésents Henri Cogan et Jean Luisi, à la fois seconds rôles et cascadeurs qui doivent être à peu près dans tous les films de Lautner, ça sent un peu la facilité...

D'autre part, ça vire vite au loufoque, une fois qu'on a admis les défauts (Le dialogue de Charles, hippie Américain, est incompréhensible ou irritant quand il dit avec difficultés de sa voix de basse 'Je vais mettre mon poing dans votre gueule', et le culte de la première prise, parfois, qui mériterait d'être déboulonné), et le décor est tout sauf désagréable... Loubressac, dans le lot, sur la Dordogne. On peut faire pire.

Enfin, Lautner reste lui-même jusque au bout et forcément ça devient baroque: une poursuite en voiture durant laquelle une DS est entièrement désossée pendant qu'elle roule, même si on voit les coutures, ça mérite d'être regardé; une scène durant laquelle Galabru doit livrer son corps à deux dames qui ne se privent pas de le déshabiller, et enfin une scène de morts violentes dans une grotte, avec les stalactites qui font de la musique au rythme des sulfateuses, ça nous rappelle qu'on est quand même en territoire connu.

C'est rassurant.

 

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Published by François Massarelli - dans Georges Lautner Comédie