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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 17:30

Essayons peut-être dans un premier temps, de trouver des excuses à ce film... C'est vrai que depuis The birds, ça ne va plus très fort; c'est vrai que tout en étant indépendant, on ne peut pas forcément toujours faire exactement ce qu'on veut... Et c'est vrai que si c'est bien une erreur d'avoir lancé une telle production, le maître du suspense n'était aidé ni par son état de santé, ni par le script de ce film trop long, ni par un certain nombre de ses acteurs et enfin, ouf, ni par le livre qu'il adaptait: Topaz, de Leon Uris, un de ces romans d'espionnage qui s'immergeait dans la guerre froide et ses amusants particularismes. Des livres de ce genre, il a du en fleurir 15 par mois au début des années 60. Mais en 1969, qui intéressaient-ils encore?

Pas Hitchcock, en tout cas! Tout commence pourtant bien, par une séquence de défection à l'ouest d'un agent du KGB en résidence à Copenhague, et continue avec une histoire d'espionnage propice à bien des rebondissements: une scène de suspense dans un hôtel de Harlem où une délégation Cubaine invite toute une faune locale, de journalistes ou de militants... Quelques notations poétiques dans une séquence Cubaine qui obéit aux lois Hitchcockiennes (Elle présente les spécialités locales, mais ce ne seront pas que des cigares: foule, discours fleuve du lider maximo et torture sont en effet au menu)... mais voilà, le but de Leon Uris était politique. Il prenait parti, ce que Hitchcock n'a jamais fait. Et j'imagine qu'il a tenté d'insuffler de l'ironie là-dedans, mais... C'est raté. D'abord parce qu'on s'ennuie ferme, ensuite parce que les acteurs semblent avoir des infos contradictoires, certains adoptant un certain cynisme de bon aloi et d'autres jouant la carte du premier degré total.

Et puis il y a toute la partie française, les quarante minutes les plus ennuyeuses de la filmographie d'Hitchcock depuis au moins Juno and the Paycock! et ces personnages enfoncés dans des coucheries et autres histoires extra-conjugales, mais pas un d'entre eux ne nous donne envie de le soutenir ou d'avoir ne serait-ce que pitié de lui ou elle.

Pouah.

Bref, dans ce film qu'il n'avait pas envie de faire, avec des acteurs qu'il n'avait pas envie de diriger (Le personnage de Frederick Stafford mériterait de se faire assassiner sous la douche dans les trois premières minutes si vous voulez mon avis: l'acteur est nul. Mais alors nul. Sourcil inquisiteur, et une gamme d'expressions qui est réduite à une seule grimace, du début à la fin), il tente de mettre un peu de suspense, et d'atténuer la charge violemment anti-communiste qui est tellement ridicule que même McCarthy et Hoover ont du la trouver excessive. mais loin de sa partie, même Hitchcock ne peut pas tout.

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock