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5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 20:06

Le dyptique créé par Akira Kurosawa autour de l'énorme personnalité de cet "homme sans nom" qui se présente systématiquement comme Sanjuro (Homme de trente ans et plus), suivi du nom de la première plante qui lui vient à l'esprit, est célèbre pour tout un tas de raisons. Après le tout aussi célèbre film La forteresse cachée, Kurosawa voulait creuser un peu plus avant le sillon d'un cinéma d'évasion, avec des aventures situées dans un japon ancestral mais qui devaient autant au western. Par un juste retour des choses, la réappropriation de Yojimbo allait donner naissance à un nouveau style de western. Mais Toshiro Mifune est arrivé avant Clint Eastwood, et son personnage de bretteur ultra-rapide qui fait règner la justice sur des champs de ruine est devenu une icône furieusement jouissive...

Le jour ou Sanjuro, si c'est bien son nom est arrivé dans ce village, savait-il qu'il allait rétablir la justice en décimant les deux bandes rivales qui y semaient la terreur? probablement pas. La méthode? Faire semblant de se vendre au plus offrant, en favorisant les faibles, puis en passant de l'autre côté en distribuant châtaignes, coups de sabre, bourre-pifs et certificats de décès. Toshiro Mifune anticipe donc de trois ans sur le western-spaghetti de Leone qui lui rendra hommage, et ce film porte en germe un pan immense du cinéma à venir, avec humour et style. La façon dont Kurosawa met en scène la confrontation finale est absolument miraculeuse, après s'être amusé à situer tout un film dans une seule rue (Encore une fois l'empreinte du western), et après avoir délayé la violence tout au long d'une narration dense, mais ironique.

Les principaux apports de ces films de genre tiennent je pense dans la façon dont Kurosawa renouvelle le film de samouraïs, tout en développant une thématique simple. Yojimbo est un film tout en forme, avec des moments de pur contemplation jouissive. Ma préférence va au premier, mais d'une courte tête, surtout que dans les deux films, Kurosawa a demandé au même acteur, l'admirable Tatsuya Nakadai, de tenir tête à Mifune, et honnêtement, les deux rencontres font des étincelles.

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Published by François Massarelli - dans Akira Kurosawa