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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 18:36

Deuxième film en Technicolor de DeMille, si on excepte bien sûr les inserts des films The ten commandments et The King of Kings, Reap the wild wind est une histoire de naufrage. ...De naufrageurs, plutôt, situé à Key West en 1840, il nous intéresse aux destins croisés de trois personnages, la belle Loxi Claiborne (Paulette Goddard), le brillant avocat de Charleston Stephen Tolliver (Ray Milland) et le taciturne capitaine de vaisseau Jack Stuart (John Wayne).

Ce dernier est le capitaine d'un bateau qui s'échoue sur les récifs au large de la Floride, suite à un sabotage mené de main de maître par les frères Cutler (Raymond Massey et Robert Preston), naufrageurs professionnels et aguerris. Secouru par l'impulsive Belle Sudiste Loxi, Stuart tombe amoureux d'elle, mais devra répondre de la responsabilité du naufrage auprès de ses autorités, et malgré l'intervention en sa faveur de Tolliver, qui est lui aussi amoureux de la belle Loxi, va tomber en disgrâce. Il planifie une vengeance hors du commun, qui passe par un naufrage volontaire...

C'est à la fois très simple et très compliqué, comme toujours avec ces films d'aventures de DeMille... On y retrouve une intrigue mélodramatique qui entremêle les personnages, poussés généralement à choisir entre le bien et le mal, et on sera sans doute surpris de savoir que Wayne (à peine trois ans après sa révélation tardive avec Stagecoach) est cette fois-ci tenté par le mauvais côté... J'y reviendrai plus loin. Mais là où l'intrigue se simplifie considérablement, c'est dans le fait que Paulette Goddard, tout comme Barbara Stanwyck dans Union Pacific, est tiraillée entre deux hommes, l'un du bon et l'autre du mauvais côté: simple, efficace, voilà un ressort qui fonctionne à plein temps!

Car il faut bien le dire, si les personnages eux s'enfoncent dans les profondeurs abyssales (Lors d'une scène de suspense plus que satisfaisante, et magnifié de surcroît par le Technicolor sub-maritime), le film n'est pas des plus profonds. C'est finalement la meilleure des choses que DeMille pouvait faire afin d'éviter de couler ses chances: ne pas les noyer dans des couches de sens qui n'auraient fait qu'alourdir la barque, et l'aurait immanquablement fait prendre l'eau. En lieu et place d'un film (Tel qu'on imagine Lang le faire) qui cherche à donner du sens à toutes ces épaves, DeMille assure le spectacle maximal, dans un technicolor qu'il maîtrise à la perfection, et ma foi, c'est bien tout ce qu'on demande: des scènes maritimes qui reposent sur des transparences très bien accomplies, du drame, de la traîtrise, des retournements de situation... 

Et Duke dans tout ça? Je ne pense pas qu'il soit à l'aise, contrairement à Ray Milland. Il est vrai que ce dernier a le beau rôle, mais en 1942, Wayne n'avait pas encore rencontré sa part d'ombre: ce sont les rôles que lui donneront Hawks (Red River) et surtout Ford (The three Godfathers, The searchers surtout) qui lui permettront de donner une nouvelle dimension à ses personnages. Ici, il est un brave type plutôt lent, sympathique, et dont on a du mal à croire qu'il puisse tomber si bas. D'ailleurs, lui aussi. Par contre, DeMille a vu juste dans l'idée d'opposer Wayne à Milland: leur rivalité fait mouche, et débouche sur quelques bagarres d'un genre qu'on retrouvera souvent dans la carrière de Duke Wayne.

Pour bien apprécier ce film, qui n'a pas bonne presse auprès des spécialistes, je pense qu'il ne faut pas le traiter autrement que comme un merveilleux catalogue d'images, toutes plus fausses les unes que les autres. Après tout, il nous parle d'un monde disparu: le Sud de 1840... En belles images, faites pour être consommées au premier degré. A ce niveau, c'est une réussite.

Avec de vrais bouts de calmar géant dedans.

 

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Published by François Massarelli - dans Cecil B. DeMille