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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 08:48

Après les nombreuses comédies, et Va d'un pas léger qui se tournait vers le film de gangsters avec élégance et une touche d'humour, c'est vers une sorte de film noir qu'Ozu se dirige avec cette épure, un film dans lequel il combine avec génie son univers de quotidien représenté dans toute sa crudité, un certain sens de la tragédie, et le style visuel qui est le sien. Et il le fait cette fois sans s'autoriser la moindre cocasserie...

Un homme cambriole un bureau, après avoir ligoté le personnel. la police est prévenue, et la chasse à l'homme commence. Pendant ce temps, une femme attend, fébrile, que son mari rentre: il est parti "chercher de l'argent" pour payer un médicament qui pourrait sauver la vie de leur fille, qui s'apprête à passer une nuit délicate. Bien sûr, les deux histoires sont liées, et quand le mari rentre avec l'argent, c'est le cambrioleur de tout à l'heure. Mais il a été suivi par un inspecteur, qui ne met pas longtemps à comprendre la situation...

Il y a assez peu d'éléments, finalement, et pour environ quarante minutes sur les 63 que dure le film, Ozu installe une unité de lieu et de temps, avec un nombre de personnages limités à quatre (Le père, la mère, l'inspecteur de police et la fille qui passe surtout le temps à dormir). Rien de théâtral pourtant dans ce film, dont la réussite repose d'abord sur une exposition méthodique, suivie par une utilisation de l'espace et de la caméra (Ozu aime à la faire bouger brusquement, pour nous imposer un point de vue, c'est toujours un effet qu'il réussit dans ses films muets), qui nous permet d'assister à un quotidien tangible, dans lequel la survie de la petite fille devient l'enjeu principal, pour tout le monde.

Et puis il y a ici des personnages fantastiques, interprétés par des acteurs qui ne commettent pas une seule faute de goût: les émotions affleurent, mais parfois le metteur en scène obtient d'un rien (le visage impassible de l'inspecteur, un vieux de la vieille qui en a vu d'autres, par exemple) une foule de possibilités. C'est un chef d'oeuvre.

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Published by François Massarelli - dans Muet Noir 1930 Yasujiro Ozu