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28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 09:09

Avant-dernier film de son auteur, The devil doll est un peu à part dans l'oeuvre de Browning: d'une part parce que le film, relativement long pour cet habitué des films d'une heure (78 minutes) semble avoir bénéficié de plus d'attention et de moyens que le reste de son oeuvre. Ensuite parce qu'il reste, comme Dracula, un film fantastique, au premier degré: contrairement aux autres films situés souvent autour de la manipulation et de l'escroquerie. Certains, comme The mystic ou bien sûr London after midnight, en font même le sujet même du film.

Paul Lavond (Lionel Barrymore) et un autre bagnard, Marcel (Henry B. Walthall), s'évadent. Ils se sont mutuellement aidés, mais leurs motivations sont bien différentes: le banquier déchu Lavond souhaite recouvrer la liberté afin de se venger des trois hommes qui l'ont envoyé au bagne et en ont profité pour le soulager de sa fortune, et ce faisant de sa réputation. Et Macel, un scientifique génial mais fou, veut retrouver son épouse Malita (Rafaela Ottiano) pour poursuivre avec elle ses recherches. Ils sont en effet sur le point de miniaturiser de façon convaincante des êtres vivants, qui répondent à la pensée. Ils ont déjà fait des expériences sur des animaux, et rêvent de tenter leur chance sur des hommes.

Comment la quête de vengeance et de réhabilitation de l'un va croiser et utiliser les recherches folles furieuses de l'autre, c'est que qui fait l'intrigue de ce film étrange. Il faut aussi ajouter une sous-intrigue qui humanise Lavond, et qu'on a déjà vue dans des films de Browning: Lavond a une fille, qui vit dans la haine de son père: il souhaite changer son point de vue. Mais comment concilier tout ça? Comment approcher une fille qui vous hait, comment chercher à évoluer dans la société, quand la police vous recherche activement? Réponse, bien sûr, de Tod Browning: le déguisement, et le plus délirant sera le meilleur... Donc pour l'essentiel de ce film, Barrymore sera madame Mandilip, une charmante vieille dame dont personne ne se méfie. ON a pourtant bien tort, car ses étranges poupées ne sont pas très catholiques...

Ce n'est pas du côté de la vraisemblance qu'il faut chercher le sel des films de Tod Browning, loin de là! Cette histoire, qui combine beaucoup de choses (le savant fou affublé d'une épouse illuminée, à la coiffure sous l'influence de Bride of Frankestein, et leurs recherches bizarres; les "poupées" et tous les truquages nécessaires à leur représentation: la machination autour de Madame Mandilip et de ses cambriolages délirants) ressemble beaucoup à un florilège, dans lequel beaucoup de réminiscences passent, en particulier de The unholy three; il y manque toutefois l'amputation pour être complet! Le film, je pense, a bénéficié de la bienveillance de la MGM en raison justement de son improbabilité, et du fait qu'après tout, le fantastique était revenu sérieusement à la mode. Mais il n'apporte sans doute pas beaucoup de nouveauté à la légende de Browning, si ce n'est la réalisation impeccable (Les effets spéciaux et les mattes sont impressionnants de bout en bout). C'est gentiment distrayant, comme un film volontairement excessif peut l'être!

Et sinon, pour en finir, le nom de Eric Von Stroheim est au générique... Comme celui d'Orson Welles associé à M. Verdoux, je pense: Stroheim, qui avait certainement des traites à payer, a dû vendre une idée à la MGM. J'imagine mal les deux metteurs en scène travailler ensemble Browning ayant été particulièrement critique à l'égard de son collègue...

 

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Published by François Massarelli - dans Tod Browning