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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 09:28

Pierre (Jean Gabin), capitaine de la péniche Le Cormoran, sauve de la noyade Marinette (Madeleine Renaud), une jeune Parisienne. Il tombe instantanément amoureux d'elle, et lui propose de l'épouser. Durant la noce, Silvestre (Pierre Blanchar), le second de la péniche, qui s'était absenté, revient et a la surprise de trouver son inséparable ami marié. Plus encore, il a trouvé la perle rare, une femme qui lui plaît immédiatement... Sous les yeux inquiets de la jeune soeur de Pierre, Mique (Rosine Deréan), amoureuse du second depuis toujours, une dangereuse situation va se développer, dans laquelle le mariage de Pierre, mais aussi son amitié de dix ans avec Silvestre, vont se jouer...

Avec son enthousiasme à déplacer les montagnes, Serge Bromberg, responsable de la restauration récente de ce film, le présente comme "Le chef d'oeuvre de Harry Lachman". Ce qui est sans doute une exagération, d'une part parce qu'en dépit de sa place modeste dans le cinéma, Harry Lachman a quand même réalisé Our relations (1936), qui est sans doute beaucoup un film de Stan Laurel aussi... Et puis, le mot de chef d'oeuvre, ici, est difficile à mobiliser...

Oh, j'admets qu'il y a de belles images, la photo de Rudolph (ici Rudy) Maté étant très travaillée, et des ambiances proches du naturalisme... Le metteur en scène s'est plus à faire adopter à son film le ton et le rythme nonchalant de la péniche, et a repris avec bonheur la technique du muet pour de superbes séquences à distance. Mais le principal problème est que ce qu'on a sous les yeux, d'une part, pâlit copieusement aux côtés d'un autre film qu'on ne présente plus, L'Atalante, dont le naturalisme doublé d'une dose de surréalisme en contrebande, emporte tout sur son passage. Ici, au-delà des affaires de coeur, on s'ennuie un peu. Et Gabin, en balourd qui ne veut pas comprendre, est sympathique, mais il ne fait pas le poids face à Blanchar et son intensité. Et les dialogues de Marcel Achard tendent à se vautrer dans la convention..;

D'autre part, ce qu'on a sous les yeux, justement, c'est non pas un film, mais une série de fragments: des neuf bobines de La belle marinière, on n'a sauvé que cinq. La deuxième, la troisième, la cinquième, et les deux dernières. Si des scènes de tension dramatique, des paliers importants (et en particulier la fin de l'histoire, particulièrement sèche) sont là et bien là, il est difficile, finalement, d'adhérer à cette histoire fragmentaire... Surtout quand elle commence en l'état par une séquence étonnante de sensualité, une sensualité après laquelle tout le reste du film court sans jamais la rattraper! 

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Published by François Massarelli - dans Film perdu