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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 15:57

Un ouvrier (Lee Beggs) passe en procès pour meurtre: c'est à lui de parler, il commence à raconter son histoire, celle d'un homme digne et aux principes très affirmés: c'est contre son avis que les ouvriers de l'usine, où il était un employé modèle, ont fait grève; mais c'est lui qui malgré tout acceptera par solidarité de devenir le porte-parole des mécontentements. Il a une famille, qui combat contre la misère, et il le dit clairement, il n'a rien à perdre. Il en vient à parler de sa raison d'être traduit en justice: il a en effet tué un homme, un supérieur de son usine, mais pense que c'est l'exaspération, la douleur de l'injustice et la misère qui ont porté les coups.

L'histoire ne se résout pas, du moins pas au sens traditionnel: le film s'arrête en laissant les spectateurs se faire une opinion sur la culpabilité ou non de l'homme qui a "parlé". Dans ce film, on est confronté à une situation assez peu exploitée au temps du cinéma muet, et encore moins de cette façon: d'une certaine manière, Alice Guy y retrouve un style de prise à parti du spectateur, qu'on attendrait plus d'un film Pathé de1910,que d'un film Américain! Et chez Griffith, le film se serait en effet conclu sur une fin, contrairement à ce choix de laisser toutes les possibilités ouvertes. Outre cette originalité peu banale, le film vaut essentiellement pour la batterie d'effets encore balbutiants, dont un flash-back, et un split-screen lors des scènes de l'incarcération, où le vieil homme visualise sa famille qui s'enfonce dans la misère. Bref: un film engagé...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet