Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 08:29

L'aventure, la propagande et le plaisir, chez Walsh, s'accommodent bien, si on en juge par le nombre de films que l'auteur de High Sierra a consacré à "leffort de guerre", le plus souvent sous la forme de films de genre. Sabotage, espionnage, coups de poings divers et péripéties à la suite les unes des autres: il est vrai que celui qu'on pourrait définir comme "le cinéaste de l'action" ne pouvait qu'y trouver son compte... Quoique.

Dans ce film, nous suivons cinq valeureux aviateurs alliés, un Australien, un Américain, un Irlando-Américain, un Canadien et un Britannique, qui lors d'une mission sur le territoire Allemand, sont touchés par la DCA. Ils sont vite faits prisonniers, mais s'évadent, et se lancent dans une dangereuse aventure pour sortir du pays et rallier l'Angleterre. Dit comme ça, ça sonne tout de suite engageant, tout en rappelant furieusement One of our aircraft is missing de Michael Powell, sorti quasi simultanément... 

Mais la déception vient vite, car tout ça est expédié, et franchement vain. Les rouages d'un scénario mécanique et qui semble avoir désintéressé Walsh au plus haut point, sont visibles, et les acteurs (malgré de belles trouvailles, dont Raymond Massey en officier nazi comme on les aime, c'est à dire particulièrement pourri) sont en pilotage automatique: Flynn reste Flynn, Ronald Reagan qui partage avec lui la première place au générique interprète un soldat Américain qui tape d'abord, qui réfléchit ensuite, Edward Kennedy est le Canadien dont tout le monde se méfie parce qu'il jouait toujours le mauvais rôle dans les films (sauf ici), et Alan Hale en fait des tonnes... Et ça ne s'arrête jamais, le film accumule les rebondissements, au point que la guerre finit par ressembler à une partie de plaisir, et ça fait un peu tâche.

La dernière phrase du film ("au tour des Japonais!") donne finalement la clé: capable de s'investir au moins en faisant son travail de conteur d'histoire, Walsh pensait à autre chose, préoccupé comme beaucoup à Hollywood de la grande menace qui pesait sur les Etats-Unis, à savoir le risque venu du Japon. D'autres films de guerre 'engagés' allaient suivre, mais ce n'est sans doute pas un hasard si le meilleur d'entre eux allait justement être consacré à cet aspect des conflits mondiaux...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Raoul Walsh