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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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12 mai 2019 7 12 /05 /mai /2019 16:12

Hank et Johnny sont deux copains qui partagent le même travail, et une camaraderie de tous les instants: ils sont employés à intervenir lors des dommages électriques sur les lignes à haute tension, avec toute une équipe de durs... Difficile dans ces conditions de maintenir une vie de famille, et d'ailleurs aucun des deux n'est marié. Johnny est un séducteur assez chevronné, mais Hank, lui, a du mal à trouver une femme qui accepte de rester. Deux accidents successifs vont changer le cours des choses; d'une part Hank est électrocuté lors d'une intervention, et perd la mobilité de sa jambe: il sera désormais contremaître; d'autre part leur copain "Pop" Duval perd la vie dans un autre accident, et c'est à Hank et Johnny que revient la tâche de prévenir sa famille: une fille unique, qui sort de prison. Hank tombe amoureux de la femme fatale, mais Johnny se méfie...

Fay, la femme en question, est interprétée avec son style habituel par Marlene Dietrich, ce qui veut dire que mais oui, elle chante. Ou "chante", c'est vous qui voyez... Mais il y a aussi de bonnes et très bonnes nouvelles: Walsh est ici entouré d'un casting de luxe, avec George Raft (excellent) dans le rôle de Johnny et Edward G. Robinson pour interpréter Hank. Et on peut ajouter Alan Hale, Frank McHugh et Ward Bond pour les copains-collègues, donc vous imaginez bien que le film se situe pour une bonne part dans une franche atmosphère de camaraderie bourrue! Pourtant, les passions se déchaînent, soulignées à l'envi par des orages et autres temps bien moches des interventions à haut risques des hommes au travail. On n'est pourtant pas chez Hawks...

Non: c'est bien l'univers de Raoul Walsh: les hommes se définissent dans l'action, et il y a bien une atmosphère de mort, la chronique d'un décès à venir, dans un film qui s'appelle justement Manpower. Manpower... L'électricité, le travail, l'entraide masculine, me direz-vous? Non, plutôt cette différence essentielle, soulignée en permanence, entre Johnny le séducteur et Hank que les femmes évitent. Surtout après son accident, qui l'empêche d'aller là-haut pour bricoler les câbles... Quand Hank va se marier avec Fay, celle-ci va attendre assez peu de temps avant de s'intéresser à Johnny. 

Hautement distrayant, le film n'est de toute façon ni un documentaire sur la psychologie qu'elle soit féminine ou masculine, ni un film sur le travail. Plutôt une de ces oeuvres dans lesquelles le metteur en scène met en route des situations d'action directes, sans fioritures, superbement mises en images... pas beaucoup plus, certes. Mais ce n'est pas si mal, non?

 

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Published by François Massarelli - dans Raoul Walsh Noir