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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 08:53

La Birmanie est un élément essentiel du puzzle de la guerre dans le Pacifique, et quand elle tombe aux mains des Japonais, le commandement Américain est déterminé à mettre tout en oeuvre. Un groupe de parachutistes conduit par le capitaine Nelson (Errol Flynn) est donc envoyé en mission pour détruire un radar. La mission se passe sans le moindre incident, jusqu'à ce qu'au moment d'être récupéré, une forte troupe Japonaise arrive et empêche le sauvetage. La trentaine de soldats doivent donc partir vers d'autres points de ralliement, et se séparent: les ennuis commencent...

Pour rendre le film aussi fluide et clair que possible, le scénario a . ajouté un personnage formidable: Henry Hull joue un reporter décidé à ramener l'article de sa vie, et qui se joint aux soldats et va partager en dépit de son âge la vie à la dure... jusqu'au bout. Une idée très pédagogique qui fonctionne très bien dans le film, tout en permettant de voir l'humanité profonde des hommes engagés dans cette mission, qui vire très vite au très sale boulot...

Je vous préviens tout de suite, si vous n'avez jamais vu ce film: au moment de sa confection, la guerre était en cours, et le ton est engagé sans la moindre ambiguité. Si le point de vue est surtout celui de soldats Américains qui sont dans la jungle à se battre contre un ennemi souvent invisible, on n'est absolument pas épargné, et la mission de détruire le radar passe par un massacre pur et simple, présenté par les protagonistes Américains comme une excellente chose. Par contre, les Japonais eux se livrent bien sûr à des exactions atroces, qui font dire au journaliste que ce sont des monstres... pour le reste le film est raisonnable et d'un réalisme impressionnant. Walsh n'a cédé à aucune concession romanesque, dans un film qui raconte un parcours d'un point A à un point B, en détail, et avec la rigueur démontrée par le metteur en scène depuis sa participation à The Birth of a nation en 1915: on s'en doute, devant raconter l'errance d'un groupe en proie à l'incertitude et au danger, Raoul Walsh auteur de The big trail est parfaitement à son aise, servi en prime par la photo superbe du sorcier du noir et blanc, James Wong Howe, par une musique efficace de Franz Waxman et par des acteurs dont beaucoup sont inconnus, renforçant le côté réaliste du film.

Je le disais, la guerre est ici montrée comme un sale boulot, mais un boulot à faire. Peu de discours patriotique, peu de triomphalisme, juste une humanité en proie au danger, et des hommes qui se réfugient dans leur camaraderie, dans leur pudeur aussi, pour rester solides jusqu'au bout. Errol Flynn est ici confronté à l'un de ses plus beaux rôles et s'en acquitte avec génie, et le film est structuré en trois parties. La première se termine par une scène de suspense fabuleuse: les hommes se sont séparés en deux groupes, et l'un des deux groupes arrive à son point de ralliement. Ils n'ont aucune nouvelle de leurs camarades, et sont prêts au pire, lorsqu'un bruit de déplacement de feuillages se fait entendre... Deux de leurs amis sortent d'un bois, et annoncent que tous leurs camarades ont été massacrés: c'est le début de l'horreur...

Walsh n'a sans doute qu'un seul concurrent dans ce style de film, ce serait pour moi le William Wellman sans concession de Battleground, mais le vétéran Irlandais garde quand même un petit côté boy-scout que "Wild Bill" Wellman, lui, a éliminé de son cinéma. Ce qui rend du reste ce film d'aventures guerrières parfaitement attachant en plus d'être fortement réaliste... Construit comme un voyage au bout de la terreur pour la plupart des protagonistes, est sans doute l'un des chefs d'oeuvre de Raoul Walsh: voilà qui en impose...

 

 

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Published by François Massarelli - dans Raoul Walsh