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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 14:58

Dans un zoo situé, je vous le donne en mille, à Budapest, nous allons assister à une journée, suivie d'une nuit, durant lesquelles une foule de choses vont se passer: une orpheline va s'échapper de son groupe en visite car elle est majeure et elle sait qu'elle va être "louée" pour du travail forcé; un petit garçon va échapper à la surveillance de sa nourrice, et commencer une nuit à haut risque aux abords des cages de félins tous plus dangereux que les autres; enfin, Zani, un employé du zoo qui est un peu la mascotte des lieux, va risquer pour la énième fois de se faire virer, pour sa propension à "voler" les fourrures des visiteuses fortunées. C'est un militant, quoi... Les trois événements vont se télescoper et bien sûr cette collision va provoquer un certain vent de panique au Zoo de Budapest...

On ne quitte absolument jamais le zoo, du moins durant les 80 premières minutes du film. Après, il y a une courte codé, mais pour l'essentiel le film se déroule au milieu des animaux et cages. Le monde se divise en plusieurs camps: ceux qui aiment Zani et ceux qui ne le supportent pas, par exemple; d'un côté les orphelines, toutes désireuses de favoriser l'évasion d'une d'entre elles, et de l'autre la responsable du groupe qui souhaite l'empêcher car la jeune femme est "promise" à une entreprise qui ne manquera pas de l'exploiter. Les visiteurs qui aiment les animaux, et ceux qui ne les voient que comme des bêtes curieuses... Tout ça est un univers, un microcosme, que filme l'équipe de tournage, avec une invention photographique constante... du moins c'est ce que les copies en circulation laissent plus ou moins deviner, car la photo de Lee Garmes aurait besoin de meilleures circonstances pour être vue à sa juste valeur.

Le film prend son temps, sous la forme d'une comédie d'abord, avant de s'emballer poétiquement avec la "rencontre" de Zani (Gene Raymond) et Eve (Loretta Young): leur rapprochement physique est filmé comme une évidence, avec une forte charge érotique dans le fait que le désir de la jeune femme crève les yeux, quand le jeune homme feint l'indifférence... Le final de ce film métaphorique, qui s'emballe un peu dans tous les sens, surprendra, tout en décevant un peu: on a l'impression d'une soudaine flambée de violences diverses, motivée par la vision du final délirant et sadique de Tarzan, the Ape Man de Woody Van Dyke! Mais si le contraste entre la poésie quasi-Borzagienne de cette visite d'un lieu différent où la sensualité et la nature vont de pair, et un final avec lions qui menacent et sauvetage de dernière minute est un peu trop fort, il fait bien admettre que cette soudaine violence sied bien à un film inquiet qui choisit un lieu de paix, soudainement soumis à la montée de la haine, et à quelques manifestations de l'imbécillité humaine. Maintenant, on peut toujours se demander dans quelle mesure ce film de 1933 était visionnaire, ou s'il ne s'agit que d'un hasard.

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code