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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 09:01

Earl Stone a tout donné à ses fleurs: son entreprise a d'ailleurs bien marché pendant tant d'années... C'était son idée à lui, pour "donner" à sa famille, et bien entendu, ça l'en a éloigné. Aujourd'hui, à 90 ans bien sonnés, il fait faillite, et se retrouve bien mal parti. Sa petite-fille se marie et il était supposé payer sa part, alors Earl écoute une voix qu'il n'aurait normalement pas écouté; quelqu'un qui lui dit: j'ai des amis qui ont besoin d'un bon conducteur qui ne se fasse pas trop remarquer, et qui conduise sur des distances importantes pour véhiculer des choses qui doivent rester secrètes...

Donc, Earl devient une "mule", un passeur de drogue, et non seulement il le fait une fois, mais il en fait une habitude. Totalement conscient de l'illégalité de son geste, il assume totalement la chose, jusqu'à se croire autorisé (lorsque le patron du cartel lui impose un "surveillant") à donner son avis et des conseils à de redoutables bandits aguerris. Pendant ce temps, la police (le DEA, Drug Enforcement Administration) se casse les dents pour arrêter les gens comme lui, mais deux détectives (Bradley Cooper et Michael Pena) finissent par trouver la trace de ce mystérieux passeur qui a véhiculé une quantité impressionnante de cocaïne...

C'est presque une comédie, si on veut, un film indolent qui obéit au rythme particulièrement lent de Earl Stone, un rôle en or pour Eastwood. Celui-ci, qui après tout fait rigoureusement ce qu'il veut, nous venge de son dernier film qui était atroce, en racontant une histoire destinée à être ironique, mais qui ne tombe jamais dans ce piège: Stone est un personnage doux, qui impose non seulement son rythme, mais aussi sa philosophie de la vie au film. Toujours adepte de la liberté absolue, Eastwood ne juge évidemment pas son personnage, qui du reste assumera jusqu'à la dernière seconde son geste, et nous promène dans les coulisses des cartels avec une vision surprenante de ces "entreprises". On notera que pour l'assister, il a embauché du beau monde: Dianne Wiest est l'ex madame Stone, Alison Eastwood leur fille, et le parrain du cartel n'est autre qu'Andy Garcia...

Il ressort de cette histoire de papy bandit une étrange impression de merveilleux rêve éveillé, qui ne manquera pas de soulever des protestations: Earl Stone se rendait-il vraiment compte qu'il véhiculait des kilos de ces produits que des gosses allaient ensuite s'envoyer dans le nez pour ensuite s'envoyer au cimetière? Mais ce n'est pas le sujet... Continuant toujours plus avant sa réflexion douce-amère sur la place du troisième age dans l'Amérique d'aujourd'hui, Clint Eastwood se place ici, et c'est remarquable, sur le versant le plus positif de ce cheminement philosophique, et Earl Stone est sans aucun doute l'un de ses plus beaux personnages!

 

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood