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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 16:39

Peter (Ralph Ludwig), Lotte (Margot Misch) et Frieda (Fee Wachsmuth) sont des enfants placés dans une famille d'accueil, les Zielke: et comme on s'en doute dans un mélodrame, la vie n'est pas rose. Madame Zielke (Margarethe Kupfer) a recueilli des enfants illégitimes parce qu'elle peut en tirer quelque chose, et le père Zielke (Max Maximilian) est alcoolique et violent. Un jour, Peter et Lotte prennent très froid, et Lotte meurt de pneumonie: Peter décide de dénoncer le couple, et va se trouver placé chez une femme (Hermine Sterler) qui est très bonne avec lui. Mais son père (Bernhard Goetzke) réapparaît dans sa vie: il est batelier, et il se figure que devenu un peu plus grand, il peut faire travailler son fils...

Lamprecht choisit cette fois de s'intéresser aux gosses de Berlin, et crée à cette occasion un univers Dickensien, avec en prime un couple d'affreux parents d'accueil qui ont tout des Thénardier! Il choisit aussi de se situer à la hauteur de ses petits héros, et surtout de Peter: il est vrai que le jeune acteur, Ralph Ludwig, est excellent dans le rôle. Mais surtout, et ça lui sera reproché au vu des critiques contemporaines, le metteur en scène adopte le point de vue d'un enfant: ils souffrent, et le reconnaissent; ils envient ceux qui ont plus qu'eux (comme le prouve la toute première scène où on passe de la description des passe-temps d'une petite fille de riches, à la misère des deux héros), mais ils acceptent tristement le monde tel qu'il est, sans le questionner plus avant. Et le film ne le fait pas non plus...

Ce n'est pas la première fois que je le dis: Lamprecht est riche en compassion, et c'est un homme qui est motivé par la générosité. Ses films en font foi; mais changer le monde? Ca ne semble pas l'intéresser... Au moins son film est-il une plongée assez réussie dans la vie de ces enfants, mais on aura du mal à parler ici de réalisme, tant le film se nourrit des traditions du mélodrame et des romans simplistes. Maintenant, on ne quitte de toute façon pas l'univers de Lamprecht, puisqu'il fait ici appel à ses acteurs habituels, et que de nombreuses scènes, de par la vitalité des jeunes acteurs, nous prouvent que le tournage a du être un grand moment pour tout le monde. Cette joie de vivre transparaît au moins à l'écran...

 

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Published by François Massarelli - dans Gerhard Lamprecht 1926 Muet