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31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 17:02

Ce n'est sans doute pas le meilleur des dix films consacrés à l'époque du muet à une adaptation du roman historique (malgré lui) de Harriet Beecher Stowe, mais cette version possède au moins l'avantage d'avoir survécu presque en intégralité. Elle nous permet de voir ce qu'une équipe, à l'époque où le long métrage en venait à s'installer dans le paysage cinématographique Américain, pouvait faire avec ce matériau qui avait déjà servi au moins cinq fois...

Une première surprise nous attend: si on a vu le film de Blackton de 1910, on y a vu un Uncle Tom blanc déguisé en noir, de quoi donner de l'urticaire à plus d'un spectateur! mais ici, la bonne idée a été de confier, enfin, le rôle nominatif à un noir, l'acteur Sam Lucas, qui s'acquitte avec une certaine subtilité d'un rôle ô combien ingrat. Il n'est pas le seul acteur noir, mais tous les rôles de premier plan en revanche, qu'il soient noirs ou blancs, sont interprétés par des blancs déguisés. Le film adopte l'inévitable racisme bien lourd du roman, qui fait avec insistance la distinction systématique entre les esclaves selon leur degré de négritude, et nous propose les deux parties, l'une consacrée à Eliza (la gouvernante dont le maître est forcé de vendre le fils, et qui prend la fuite), mais hélas l'épisode fameux entre tous de la fuite dans glaces, est ici préservé uniquement sur une copie 8 mm, et il est difficile d'y voir quelque chose; sinon, la deuxième partie nous montre le parcours de Tom, et sa relation privilégiée avec ses nouveaux maîtres, avant sa "chute" chez Simon Legree.

Le film est souvent terne et très moyen, malgré quelques rares moments notables: des épisodes dramatiques relevé par un cadrage inventif, comme cette soudaine intrusion, au premier plan, d'une main qui tient une arme, ou encore la bonne idée de filmer l'arrivée dramatique de l'oncle Tom dans sa nouvelle plantation, depuis l'intérieur des baraquements. Pour le reste, l'équipe ne se distingue pas outre mesure... Il est très probable qu'à l'instar de Tim Lucas, qui avait passé sa vie à interpréter le personnage de Tom sur scène, les acteurs étaient tous des spécialistes chevronnés de la pièce. Notons toutefois qu'on y retrouve Irving Cummings, futur cinéaste, dans le rôle du mari d'Eliza.

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Published by François Massarelli - dans 1914 Muet