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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 17:17

Un homme arrive dans l'ouest: Jim McKay, capitaine au long cours, a rencontré une jeune femme, et il l'a demandée en mariage. Fille d'un gros éleveur de l'ouest, elle n'a pas pensé un seul instant que ce serait à elle de déménager, et donc il accourt... Au départ, McKay a du mal à s'adapter: les moeurs locales sont un peu étranges pour lui. De plus on lui demande environ tous les quarts d'heure de prouver qu'il est un homme, et il a horreur de le faire sur commande. Enfin, la famille Terrill dans laquelle il est supposé entrer, est sous la coupe du père de sa fiancée, le Major Henry Terrill: celui-ci cultive depuis très longtemps une rivalité sanglante avec Hannassey, un autre éleveur, moins fortuné, mais tout aussi cabochard que lui.

McKay, c'est Gregory Peck, en héros très paradoxal de western: il est l'outsider, le pied-tendre, le Dude, comme on dit là-bas, et c'est tout sauf tendre... Très rapidement, il va s'attirer des ennuis et des ennemis: le père Terrill, qui ne comprend pas qu'on puisse envisager les choses autrement que lui ne le fait, pour commencer; la famille Hannassey, qui le considère comme un crétin venu de l'Est, ensuite; le principal collaborateur de Terrill, l'homme à tout faire Steve Leech (Charlton Heston), qui est jaloux de celui qui s'apprête à épouser celle qu'il aime; enfin, Patricia Terrill elle-même, qui ne comprend pas que mcKay ne pense pas exactement comme son père, voire qu'il pense par lui-même tout court. La demoiselle a des problèmes à régler avec son paternel, et du coup le couple ne durera pas longtemps...

La seule personne qui réussira à apprécier McKay a sa juste valeur (si on excepte le sympathique Ramon, un palefrenier avec lequel le capitaine va sympathiser dans une scène mémorable) est Julie Maragon (Jean Simmons), la propriétaire, symboliquement, du seul point d'eau de la région, véritable trait d'union entre les deux ennemis de toujours: son territoire est la clé de la paix fragile, où elle laisse les uns et les autres abreuver leur bétail. 

Comme on le voit, le film possède une galerie de personnages hauts en couleurs, auxquels il faut ajouter quelques précisions, concernant les Hannassey: d'un côté, le père, divisé entre sa haine de classe envers celui qui le déteste autant et qui lui a réussi, et une envie de retrouver une justice, qui s'exprime paradoxalement entre deux flambées de violence par un désir de fair-play (c'est lui qui règlera un duel entre son fils et McKay, en menaçant de tuer son propre fils s'il enfreint les règles): un personnage riche, déroutant, et qui a valu un Oscar à Burl Ives. De l'autre, son fils justement, Buck (Chuck Connors), caricature de méchant vicieux, alcoolique et violeur. Mais les deux psychopathes assumés sont-ils si différents de Terrill (Charles Bickford) et de sa fille (Caroll Baker) obsédée de l'honneur et de la puissance de son papa?

Dans un film qu'il traite à moitié en western Shakespearien, à moitié avec un oeil gentiment rigolard (ah, la scène durant laquelle pour son plaisir, McKay va en douce dompter le cheval au caractère difficile qu'on souhaitait lui faire monter par bizutage!!), Wyler affiche sans trop de complexe une tendance à exagérer avec gourmandise, sans pour autant rejouer la partition de Duel au Soleil... C'est un film qui se dévore sans retenue, et qui inaugure une époque de super-westerns, dont beaucoup (The magnificent seven, How the west was won) seront beaucoup plus insipides, et nettement moins distrayants... En 165 minutes, il prend son temps, à l'image de son héros qui refuse de se comporter en cliché de l'ouest et qui fait les choses quand et comment elles doivent être faites...

 

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Published by François Massarelli - dans Western William Wyler