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4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 17:27

La guerre interne des services secrets Français bat son plein, et le commandant Toulouse (Jean Rochefort) voit bien que son subalterne le Colonel Milan (Bernard Blier) en veut à son poste... Il décide de le couler en le lançant sur une fausse piste, celle d'un espion qui n'existe pas... Son adjoint Perrache (Paul Le Person) lance donc les agents de Milan sur la piste de François Perrin, un violoniste virtuose, qui n'a aucune conscience de ce qui se trame autour de lui...

Ce film n'est pas qu'une capsule temporelle venue de 1972, ni qu'un énorme succès international de la comédie à la Française: c'est aussi un excellent film d'Yves Robert, qui témoigne de son goût sûr pour le genre comique, tendance visuelle ainsi que de son savoir-faire certain pour mêler la comédie au genre du film d'espionnage. Le film doit beaucoup, énormément même à deux hommes, Francis Veber et Pierre Richard...

Veber, qui était scénariste, travaillait déjà pour Georges Lautner, et ici il raffine le prototype de ses personnages décalés, systématiquement appelés François Perrin. Un personnage passe-partout qui lui permet de lancer un jeu de massacre pour espions, sous la supervision morale de Paul le Person qui joue un sous-fifre qui refuse d'exécuter les ordres de son supérieur jusqu'au bout afin de préserver l'innocence de Perrin. Et surtout il permet une lecture distanciée du film, avec une excellente vue d'ensemble de la situation...

On ne présente plus Pierre Richard et pour cause: c'est ce film qui lui a valu la célébrité notamment en Europe et en Amérique Latine. Comme nombre de grands comédiens, il me semble que Richard est toujours son propre metteur en scène, pour au moins la moitié de sa performance. Dans ce film c'est flagrant. Mais il est superbement entouré: si on ne peut que regretter qu'il lui soit exclu d'entrer en interaction avec Blier et Rochefort, c'est un bonheur constant de le voir échanger avec Mireille Darc, Jean Carmet, et bien sûr avec Yves Robert soi-même dans une scène de concert courte mais proprement superbe... 

Et Richard apporte à Robert, éternel anarchiste sage, la caution d'une jeunesse pas dupe des combines des ses aînés. Si le film est d'abord et avant tout une comédie brillante, il montre quand même une superbe mise en abyme de l'absurde avec ce conte d'un type lambda qui est tellement insignifiant qu'il ne peut être qu'un maître espion aux yeux de ceux que l'on a décidé de mener en bateau...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Yves Robert