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17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 16:48

Lang, un western ?

De prime abord, bien sûr, ça ne colle pas : le metteur en scène est un relativement nouveau venu aux Etats-unis, pour commencer, et la tâche qui lui incombe est largement imposée : le film de Henry King (Jesse James) a beaucoup eu de succès, et la Fox entend bien capitaliser sur cette bonne fortune en produisant une suite qui leur permettra en prime d’utiliser les talents de henry Fonda, très remarqué dans son rôle, de Lincoln l’année précédente… On l’a compris, le film échappe aux préoccupations de Lang qui depuis 1930 n’a pas réalisé beaucoup d’autres films que des thrillers, ou d’un genre approchant. Et cette histoire lui est imposée, avec j’imagine un cahier des charges dans lequel le metteur en scène ne pouvait pas vraiment se projeter.

Et puis on a presque envie de continuer à faire la fine bouche en remarquant que Lang a, après tout, toujours délaissé le prestige pour s’intéresser aux genres les plus populaires, dans la lignée de son maître Louis Feuillade! Et en 1939, Stagecoach, Jesse James et Dodge City ont sérieusement redoré le blason du western, et l’ont enfin sorti de l’ornière dans laquelle le genre végétait, entre séries Z et cow-boys chantants…

Oui, mais voilà : d’une part Lang na pas attendu 1939 pour tâter du western. Il a inclus dans son film Die Spinnen (1919) un hommage appuyé au genre, qu’il fréquentait comme tout le monde dans les salles de cinéma populaires… Et il s’y est probablement, au moins partiellement retrouvé, devant la geste de Frank James, le frère moins flamboyant de Jesse, qui a quitté le droit chemin dans lequel il s’était clandestinement installé pour mener une vengeance, personnelle, absurde, morale … et inachevée. Henry Fonda interprète ici un type bien, mû par une certaine idée (apocryphe, on n’y reviendra pas, je vous renvoie à mes commentaires sur le film de Henry King) de la justice, et qui manquera de se perdre dans les conséquences un thème pour l’auteur de Fury en somme, dans lequel Lang fait, finalement, bien, voire très bien son travail : c’est très distrayant, et pour une première expérience en couleurs, surprenant d’efficacité.

 

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Published by François Massarelli - dans Fritz Lang Western