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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 08:29

Dans une hypothétique société du futur, un policier fait son travail... morne: le monde est désormais dominé par une matrice, un oeil central auquel chacun est connecté, et enquêter sur une mort suspecte est totalement facile: il suffit de charger les "souvenirs" de la victime; et on trouve le coupable ou les circonstances inconnues du décès. Et trouver une identité est devenu facile, puisque les gens autour de soi sont tous affublés d'un déroulant contenant leurs noms et prénoms... Seulement une série de meurtres peu banals est perpétrée: les souvenirs des victimes ont tous été altérés, et la mort est vue du point de vue du tueur... Comme l'inspecteur Sal Grayson (Clive Owen) a croisé le jour d'un de ces meurtres le chemin d'une mystérieuse inconnue (Amanda Seyfried) sans identité, dont les images se sont ensuite détruites dans son souvenir, il est intrigué...

Ce qui était mon cas aussi: je le dis depuis quelques années, Andrew Niccol peut être un auteur remarquable, et pas qu'en tant que scénariste (The Truman Show, de Peter Weir); et l'un de ses points forts est d'imaginer des mondes tangibles à quelques encablures de notre société, quitte occasionnellement à retourner à l'époque contemporaine et à son effrayante technologie quasi-futuriste: Lord of war et Good Kill sont ainsi deux films qu'on ne pourra qualifier de science-fiction... Mais Niccol n'est pas infaillible non plus, en témoigne The host, cet étrange film longuet, aux émois adolescents et au prétexte rébarbatif un poil trop gloubi-boulga: des aliens prennent nos corps, mais l'un d'entre eux devient l'ami d'une âme humaine qui fait de la résistance! 

Anon est à la croisée de toutes les tendances de l'oeuvre, à la fois un film futuriste reposant sur un gimmick technologique fort (comme Gattaca, InTime voire SimOne), une oeuvre vaguement visionnaire (Gattaca, Truman) en même temps qu'un film à thèse (Lord of war, Good Kill), le problème étant que s'il ne retient qu'une seule chose de The host, c'est... la tendance franche au ridicule.

L'idée de révéler in fine, dans cette société dématérialisée transformée en un facebookinstagram géant, qu'il y est considéré comme plus grave par les autorités de vouloir échapper aux radars que de vouloir commettre des meurtres, est bien sûr intéressante, et c'est la clé du film, dont la belle hackeuse devient une sorte de Robin des bois plus solitaire que jamais; mais il y a ici une manière de faire, et une direction d'acteurs notamment, qui est presque révoltante, tant le mot d'ordre a été d'étouffer toute émotion. Chaque geste devient mécanique, chaque expression vide, et honnêtement on souffre pour Clive Owen qui ressemble dans chaque scène à une planche à repasser. Au moins, InTime nous amusait avec ses deux Robins du Temps. Pas celui-ci qui est un film tout rabougri dont la principale qualité est de ne pas essayer trop longtemps d'être un film très prétentieux à la Christopher Nolan, ou un épisode raté de Black Mirror...

 

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Published by François Massarelli - dans Andrew Niccol Science-fiction Noir