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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 17:56

On est, avec cette rare comédie qui date d'avant l'âge d'or, mais juste avant, en plein univers de Frank Capra... Mais quinze années avant! C'est un des films réalisés autour de la personnalité attachante du comédien aujourd'hui oublié Douglas Maclean, et si le nom de Jack Nelson ne nous évoque lui aussi pas grand chose, on connaît en revanche le nom du superviseur de ce film, le célèbre Thomas Ince, qui adorait signer au delà du raisonnable mes films qui sortaient de ses ateliers; par exemple, sur les trois premiers cartons du générique de ce film, son patronyme apparaît 5 fois...

Jimmie Knight vient de finir ses études, il fait donc ce que tout héros de comédie muette doit faire: il rentre dans son petit trou pourri originel, en l'occurrence Centerville, Iowa... En chemin, il rencontre une adorable créature (Marian De Beck) et le coup de foudre est manifestement réciproque... Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'il s'agit en fait de Miriam Rogers, la fille des rivaux du drug store qu'il va désormais tenir, en ayant hérité. Et le père Rogers, lui, est un capitaliste du genre qui ne rigole pas, le magasin familial pourrait bien être liquidé en deux semaines. L'idée qui va sauver le commerce familial est de prétendre que le père de Jimmie, avant de mourir, a trouvé la panacée absolue, de fabriquer un médicament (plus il sera dégoûtant, mieux ce sera), et de le vendre à tous les imbéciles qui le demanderont... Et en plus, ça marche: le truc commercial, bien sûr, mais surtout le médicament, qui guérit effectivement tous ceux qui y croient, quel que soit leur maladie!

Le titre fait allusion à une formule de P.T. Barnum, selon laquelle toutes les minutes, il naît un imbécile à arnaquer... ce qui annonce quand même assez sérieusement la couleur. On notera que sur les fonds baptismaux de la panacée créée par Jimmie Knight (charbon de bois, terre, gingembre...), on trouve non seulement un jeune diplômé de droit, mais aussi le journaliste local, propriétaire de l'unique organe de presse de Centerville: un beau pedigree, donc, pour un médicament qui n'est finalement que de la poudre aux yeux...

S'il faut admettre que le film promet plus qu'il ne donne (on s'attend longtemps à ce qu'un retour de bâton punisse les prétentions du héros, en vain), le film est plaisant pour son optimisme, sa simplicité, et le fait que finalement toute cette histoire de clochers se résout entre amis, au village, pour ainsi dire. Certes, c'est une vision par trop optimiste des dures lois de la publicité et du capitalisme, mais c'est dit avec le sourire, et Maclean évoluant dans un univers qui fait tellement penser à ceux de Fairbanks, Lloyd et Chase, qu'on lui pardonne beaucoup.

 

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Published by François Massarelli - dans Douglas MacLean Comédie Thomas Ince Muet 1921