Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 09:31

Dans un récit à tiroirs, Pi Patel, un natif de Pondichéry raconte à un écrivain attiré par le fait d'avoir flairé une belle histoire, son périple marin de fortune entre l'Inde et le Mexique, sur un canot de sauvetage en compagnie d'un... authentique tigre du Bengale nommé Richard Parker...

Le récit est forcément initiatique, et l'histoire est contée d'une fort plaisante manière. Sur la durée du film, nous sommes les premiers auditeurs de Pi lorsqu'il raconte son histoire, au terme d'un magnifique générique haut en couleurs, situé dans un zoo, et qui sert à permettre quelque chose qu'Ang Lee a énormément fait dans on film: noyer le poisson... Installer le spectateur du film dans un dimension qui lui permettra de se faire cueillir comme un nouveau-né lors des nombreuses scènes absolument délirantes quand on y réfléchit bien. Et le générique et le prologue servent à installer aussi une proximité particulièrement importante de Pi avec les animaux, en même temps qu'à nous familiariser avec sa famille au destin tragique.

C'est donc à un tall tale qu'on est convié, un récit incroyable installé sentencieusement au statut de vérité première par le conteur? En tant que film (et en tant que roman, car il y a bel et bien un livre de Yann Martel à la base de ce beau film), définitivement... Pour le reste, voyez le film pour prendre votre décision.

Mais Ang Lee prend son temps il est vrai pour installer Pi Patel dans son histoire, en développant sa jeunesse. Déjà son nom est un diminutif de Piscine, en français dans le texte un prénom inattendu (surtout quand on le met dans la perspective d'une communauté où on parle Anglais, aïe aïe!); mais l'explication rocambolesque de ce prénom nous satisfait et baisse un peu notre garde quant à la suite... et la suite, c'est donc l'histoire d'un gamin situé au confluents de tris religions, l'Hindouïsme, le Catholicisme et l'Islam, qui a préféré les embrasser toutes les trois plutôt que de se priver en en choisissant une. Come lui dit son père, il prend le risque de ne croire à rien, mais ce n'est pas sa façon de faire, et dans sa perspective, ou u moins dans la perspective de son récit, c'est ce qui sauvera Pi...

Quand arrive le voyage proprement, dit, qui commence par une confrontation déplaisante sur le bateau avec un cuisinier qui est odieux et vulgaire au possible, on a droit à une collection de grands moments spectaculaires de cinéma qui s'enchaînent de façon ininterrompue... Tempête, noyades, dérives, invasion d'animaux sur le canot de sauvetage, phénomènes marins miraculeux (la mer illuminée par les méduses), étrange île flottante peuplée de suricates, proximité d'animaux mythiques (un rorqual, un requin baleine, et un certain nombre de ses cousins plus dangereux)... et une hyène, un orang-outang et un tigre. Alors comment voulez-vous analyser quoi que ce soit, ou décrire un tel film? Voyez-le plutôt. Avec gourmandise, et un esprit d'enfant: cyniques, s'abstenir.

 

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Ang Lee