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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 21:02

Le sorcier des effets spéciaux, le réalisateur de Who framed Roger Rabbit?, Back to the future et Forrest Gump, n'a jamais été prévisible, passant d'un projet à l'autre avec maestria... Il ressemble beaucoup en cela à son ancien mentor Spielberg, mais n'a jamais eu vraiment, à part peut-être pour Gump, la reconnaissance qu'il mériterait... ce film un peu passé inaperçu est une de ses oeuvres majeures, paradoxalement.

Oui, paradoxalement parce que c'est quand même un film qui part sur des bases mineures, avec des stars (si je ne m'abuse, c'est la première fois qu'on trouve Brad Pitt en compagnie de Marion Cotillard) et une rocambolesque histoire d'amour entre espions de la seconde guerre mondiale, qui commence d'ailleurs, je vous le donne en mille... à Casablanca.

Le Canadien Max Vatan a une mission: rejoindre une super espionne de la Résistance Française à Casablanca où elle est chargée d'éliminer un ambassadeur Allemand. Il n'a jamais rencontré Marianne Beauséjour, mais ils doivent incarner un couple marié. Le premier contact est positif et ils ne tarderont pas à tomber dans les bras l'un de l'autre... Subjugué par Marianne, Max décide de la demander en mariage une fois leur mission accomplie. Une fois à Londres, maris et parents, les deux espions entament une nouvelle vie, plus domestique: pendant que monsieur occupe un bureau de l'espionnage, madame est une parfaite ménagère... Mais les supérieurs de Max l'avertissent: elle serait une espionne Allemande; amoureux fou, Max doit mener son enquête...

On pense à Notorious, mais avec une sorte d'inversion: c'est sa propre vie que Max voit, potentiellement, envahie... Mais je pense que ce n'est pas un hasard si Zemeckis a imposé à Pitt un jeu constamment amer, intériorisé: il adopte le même fatalisme que Cary Grant, contrebalancé par le même amour fou. C'est que l'empreinte d'Hitchcock, déjà très forte dans le film What lies beneath, est ici très présente. 

D'une part parce qu'il nous présente deux experts qui aspirent à un bonheur simple mais sont condamnés à y échapper; ensuite parce que le doute sur la culpabilité de l'héroïne est la source même de l'intérêt du film; enfin parce que le suspense, soutenu par une mise en scène d'une inventivité subtile mais permanente, monte de séquence en séquence, avec un jeu de points de vues qui renvoie aussi à Spielberg, l'autre maître de Zemeckis. Et une fois de plus, le film nous offre une belle variation sur deux thèmes chers au réalisateur: son pessimisme fondamental et même souvent narquois d'une part, qui le pousse à nous montrer les ennuis les plus terribles qui découlent de la tentation du bonheur ou du désir (comme donc dans Death becomes her, où l'immortalité n'empêche pas la décomposition, ou dans Forrest Gump où la seule personne qui survit sans dommage intérieur aux années 60 est celui qui n'a pas de désir ni de passion, ou enfin dans Cast away où un homme qui revient au monde découvre qu'on l'a oublié...); et bien sûr, il aime à prendre le contre-pied des valeurs établies, quitte à prendre le point de vue d'un ennemi, comme ici où Brad Pitt est sans doute prêt, s'il découvre que son épouse adorée est une espionne, à trahir son pays.

Sinon bien sûr, il nous montre les coulisses de l'histoire dans un monde qu'il se plaît à recréer avec son talent pour les technologues cinématographiques de pointe... Pour autant, il le fait tout en proposant un film impeccablement distrayant, qui ne dérape que lorsque la super Résistante devient une gentille mère au foyer... Mais ça ne dure pas. Oh non!

 

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Published by François Massarelli - dans Robert Zemeckis