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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 18:14

C'est donc plutôt avec Donald Duck qu'avec la superstar Mickey Mouse (trop lisse) que les établissements Disney se sont attelés à de la propagande anti-nazie bien sentie... Pendant ce temps, Tex Avery à la MGM et toute l'équipe de Leon Schlesinger à la Warner, sans parler des Fleischer à la Paramount, s'étaient aussi lancés dans des cartoons pour soutenir l'effort psychologique de guerre. Celui-ci mérite qu'on s'y attarde parce qu'il va bien au-delà de la propagande simplement ponctuelle, pour attaquer spécifiquement les fondements d'une idéologie, les fondements acceptables dans un cartoon, s'entend. 

Car... faut-il le rappeler? Oui, j'en ai peur: le nazisme n'est pas une idéologie comme les autres, c'est une déviance criminelle, basée sur l'eugénisme, la préférence raciale et la loi du plus fort, le sadisme, la torture et la cruauté. Partant de là tous les coups sont permis, et pourtant avec ce qui était d'abord et avant tout une pochade chargée (Donald Duck rêve qu'il vit en Allemagne et doit travailler sous haute surveillance pour l'armement national, tout en subissant un lavage de cerveau permanent de propagande), on atteint un niveau rarement atteint dans ces courts métrages: comment ne pas penser à 1984, écrit et publié quelques années plus tard, en voyant Donald Duck qui peine à travailler correctement quand il doit dire 'Heil Hitler' toutes les deux secondes...

Et ce film se paie en prime le luxe d'accumuler sur un tempo d'enfer des gags très drôles. Maintenant, les précautions oratoires avec lesquelles il est montré actuellement ne s'imposent pas: ce qui est ridiculisé ici, ce n'est évidemment pas le peuple Allemand, ais bien une idéologie criminelle du XXe siècle, et alentours car elle n'a pas disparu. Tout au plus faudra-t-il admettre qu'une fois de plus les Japonais ne sont pas à leur avantage dans ce petit film.

...quant au paradoxe d'un film de propagande anti-nazie produit par un homme qui avait des sympathies embarrassantes pour le fascisme, je pense qu'il n'est pas si important: d'une part, Disney était un industriel, là où ses employés étaient des artistes. Ensuite, en 1942, ça fait sans doute bien longtemps (au moins depuis 1923!) que Walt Disney n'a rien, strictement rien fait dans les courts métrages qui potent son nom...

 

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Published by François Massarelli - dans Disney Animation