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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 11:01

Sally (Constance Bennett) est la vedette occasionnelle d'un show à Broadway, et a patiemment construit son statut de star durant les années en gardant ses collègues à distance et en laissant s'approcher les hommes, surtout Morton (Henry Kolker). Irene (Joan Crawford), jeune femme au comportement exemplaire, fait partie des chorus girls et danse le charleston en solo pour l'un des grands moments de la revue. Elle vit chez son père et sa mère qui lui font entièrement confiance; son problème, c'est que deux hommes la dévorent du regard durant le spectacle: l'un l'aime, l'autre la convoite... Et elle ne va pas choisir le bon. Enfin, Mary (Sally O'Neill), jeune femme de la modeste communauté Irlandaise de New York, fiancée à un plombier (William Haines), vient d'arriver dans la revue et doit subir l'attitude hautaine de Sally. Sauf que Morton, l'amant de celle-ci, est frappé par la fraîcheur de Mary et décide de la conquérir...

Légèrement précurseur de la série des films sur la fin du jazz age, produits à la MGM (dont Our dancing daughters sera le vrai prototype), ce film très soigné réussit à transcender son statut de petit film de genre: bien sûr, il y a là beaucoup de clichés, et pas de la toute première fraîcheur, mais très vite Goulding s'attache à ses personnages et donc à ses actrices. Celle qui reste le centre de toute l'attention, et pas seulement de tous les personnages masculins, est si on en croit le scénario Sally O'Neill, et c'est vrai qu'elle y met beaucoup de coeur et d'énergie.

Mais Joan Crawford, qui était encore sous surveillance à la MGM, où on lui confiait beaucoup de tout petits rôles (voire, comme dans Lady of the night, un simple travail de doublure), crève l'écran du début à la fin, avec un rôle de jeune femme exemplaire tout à coup tentée par le glamour d'un playboy, et qui va finir par plonger dans la tragédie. Elle est, d'une certaine façon, celle qui va agir comme un révélateur des unes et des autres, dans le trio de personnages qui donnent son titre au film. Une belle scène vers la fin du film, nous montre les grils qui dansent le charleston, toutes en pleine crise de larmes: elles viennent d'apprendre la mort de l'une d'entre elles... Tout à coup, elles aperçoivent son fantôme au milieu de la scène...

La mise en scène est d'une grande élégance, avec en particulier un cadrage d'une belle originalité, mais le film a ses limites: il reste un produit de grne dans sa morale un brin étriquée, et il est bien moins intéressant que le superbe Upstage de Monta Bell, qui sortira l'année suivante et qui est empreint d'une belle ironie...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1925